Au féminin, Zéro déchet

Menstruations et protections écoresponsables

Depuis mon arrêt de la pilule, une question se pose à nouveau : quid du retour des lunes et des petits désagréments que cela engendre, en particulier au niveau de la protection de l’environnement, de ma santé et de mon chemin vers le « zéro déchet ».

Chaque mois, entre 3 et 7 jours, nous voilà soumises au glas des pertes sanguinolentes. Pour remédier à cela, une très grande majorité d’entre nous fait appel aux divers tampons et serviettes hygiéniques, pour la plupart non biodégradables, extrêmement polluantes et nocives pour notre santé (particulièrement en ce qui concerne les tampons).

Depuis l’arrivée dans ma vie de mes lunes, j’ai essayé plusieurs choses avec plus ou moins de succès. Tout d’abord, les serviettes hygiéniques jetables : j’avais toujours cette désagréable impression d’humidité, sans compter le fameux moment où il faut la changer, que ça pue (lié au fait que le sang coagule à l’air libre et également aux produits chimiques se trouvant dans la serviette) et qu’en plus, tout au long de la journée, tu as l’impression de porter une couche-culotte que tu dois constamment remettre en place car ça bouge tout le temps. D’ailleurs, certaines marques utilisent des parfums de synthèse pour masquer l’odeur du sang macéré ce qui peut provoquer des allergies et des irritations.

Bref, vous l’aurez compris, je ne suis pas une adepte des serviettes jetables et je suis très vite passée à l’utilisation des tampons. Si au début, je trouvais ça super pratique, j’ai très vite vu une dégradation de ma flore vaginale (sensation de sécheresse). Mettre un truc qui pompe toute l’humidité de ton vagin, forcément que c’est pas l’idéal. J’ai aussi eu pas mal de bol de ne pas me chopper un SCT (Syndrome du Choc Toxique principalement lié à la présence du viscose) car j’avais tendance à les garder quasiment toute la journée, en particulier sur les derniers jours de règles où je savais pertinemment que le flux était moindre et que mon tampon était suffisamment absorbant… Je sais, ce n’est pas bien, mais à 15 ans, le professionnalisme de la plupart de nos gynécos fait que nous n’avons aucune idée des risques encourus en enfilant ce genre d’objet à l’intérieur de notre corps… (un peu comme la pilule, hein ?). J’ai donc utilisé les tampons entre 16 et 25 ans car ils me permettaient de vivre une vie à peu près normale : mais tout comme les serviettes, il y a forcément un moment où tu dois les changer, les jeter dans une poubelle à la vue de tous.

On pourrait faire le bilan écologique et sanitaire des serviettes industrielles et des tampons. Il y aurait pas mal de choses à dire : il est tout simplement catastrophique ! Ils contiennent énormément de substances et de matériaux nuisibles, tant pour notre santé que pour la planète. Il suffit de lire la liste de composants de certaines marques de serviettes et tampons jetables. Je vous ai déjà parlé des parfums de synthèse pour masquer l’odeur du sang coagulé mais parlons un peu du chlore utilisé pour blanchir nos magnifiques serviettes et tampons blancs immaculés que personne (hormis nous) ne voit : la base absorbante du tampon est composée principalement de coton (plante extrêmement vorace en eau et cultivée à grands coups de pesticides parmi lesquels on retrouve le glyphosate, un cancérogène), de viscose, de polymères (superabsorbant dérivé du pétrole que sont ces petits sachets qu’on trouve parfois dans les boîtes à chaussures ou qu’on trouve tout simplement dans les couches jetables pour bébé) et d’une poudre absorbante. Afin de blanchir le tout, on utilise le chlore. Mais ce dernier, en contact avec le viscose, libère une substance très toxique pour le corps, la dioxine, ce qui provoquerait problèmes de fertilité et endométrioses entre autre… (on trouve la dioxine aussi principalement dans notre alimentation, plus particulièrement dans les produits animaliers : sources OMS). Mieux encore, les fabricants n’ont aucune obligation de détailler les produits utilisés pour l’absorption de leurs produits. On parlait des composants principaux du tampon, mais les serviettes subissent les mêmes procédés.

Niveau écologique, il faut savoir qu’une femme connaîtra au cours de sa vie entre 400 et 450 périodes de menstruations à raison de 3 à 4 serviettes ou tampon par jour ce qui fait un total d’environ 8000 à 12’600 tampons et serviettes au cours d’une vie qui finiront dans la poubelle (et parfois les toilettes et la nature : nous avons déjà trouvé une serviette sanguinolente au cours d’une promenade en famille en pleine forêt et autant dire que si j’avais trouvé la miss en question, je la lui aurais fait bouffer…). Parlons tout d’abord du coton présent dans les tampons. On sait déjà que le coton demande une énorme quantité d’eau pour être cultivé (entre 6000 et 20000 litres pour 1 kg de coton) et une quantité astronomique de pesticides quand il n’est pas bio (ce qui est le cas pour la plupart des tampons). Alors utiliser autant d’eau pour un truc qui ne va servir qu’une fois et finir dans les ordures ou le caniveau, c’est purement du gaspillage sachant qu’une grande partie de la population meurt de soif !!

On peut aussi parler de tout le plastique utilisé pour emballer serviettes et tampons (sans compter ceux avec applicateur). Chaque petite serviette, chaque petit tampon est soigneusement emballé dans sa petite opercule en plastique dessinée par les plus grands designers du marketing. C’est vrai qu’un bel emballage de serviette avec de jolis dessins fleurs bleues, c’est hyper vendeur… Donc ces petits emballages plastique finissent dans le sol des déchèteries, dans les toilettes et pour finir, l’océan… Magnifique non ? Comme dirait ma fille :

« c’est pas joli… »

Financièrement, les tampons et les serviettes sont un gouffre économique pour toute personne ayant la malchance d’être née avec un vagin dans la société occidentale, on va dire dans les grandes lignes, quelques milliers de francs pour une femme qui se retrouve avec un salaire toujours plus bas que les hommes en 2022 pour un même job et une assurance maladie qui refuse de rembourser ta pilule (en Suisse). Ce n’est pas pour rien que je me suis rasée la moitié du crâne : je paie 35.- de coiffeur pour ma coupe de mec contre 200.- auparavant… Je rêve du jour où être une femme sera à nouveau gratuit.

Dans cet article, je ne vous parlerai pas de la coupe menstruelle, qui est pourtant une chouette alternative écologique aux tampons mais qui malheureusement, commence à être décriée en raison de cas de SCT, encore. Donc même si je l’ai utilisée un certain nombre d’années en ayant eu la chance de rester en bonne santé, je ne la conseille plus.

Voici donc deux alternatives écologiques, économiques et bonne pour notre santé :

Les serviettes hygiéniques lavables

Plus particulièrement pour les premières règles des jeunes filles, il existe la version écologique et non nocive de la serviette hygiénique : la serviette lavable en coton bio ou en bambou. Oui il y a du coton (bio), mais dites-vous que pour cette serviette, si vous en prenez soin, elle peut se garder très longtemps ! Elle se clipse sur la culotte et se lave tout simplement en machine. Il faut d’abord la faire tremper dans l’eau froide pour éviter que le sang laisse des taches au contact de la chaleur. Ensuite on met en machine avec tout le reste. Comme je lave tout à 30°C, je ne les rince jamais et elles sont toujours ressorties propres. Elles se trouvent de plus en plus facilement, en particulier dans les magasins bio et de vrac.

Étant donné qu’il faut, tout comme les serviettes jetables, les changer assez régulièrement durant la journée, il faut prévoir un petit stock de départ et donc prévoir un petit budget. En Suisse, environ 15.- pièce. Perso, j’ai 6 serviettes Natissy. Je les utilise principalement comme « sécurité » puisque je pratique le flux instinctif libre et qu’en général, je n’ai pas d’accident. Dès lors, j’ai une serviette lavable dans une pochette discrète que je garde dans mon sac. De plus, elles sont super mignonnes et lorsque vous les mettez à sécher, il faut réfléchir assez longtemps pour tilter qu’il s’agit de serviettes hygiéniques 🙂 Tout comme les culottes que vous achetez en magasin, il faut les laver avant de les utiliser 😉 Niveau confort, ça ne bouge pas et tu ne te retrouves jamais avec un des côtés qui se décolle et vient se coller sur ton entre-jambe comme avec les jetables auparavant…

Faisant beaucoup de sport, ce n’est pas la protection idéale pour moi (je préfère largement les culottes menstruelles). Mais j’ai réalisé que lors de mes 3 pauvres jours de règles, je devais me reposer et donc, laisser le sport de côté (c’est la petite récup du mois).

C’est important pour moi de tester ces petites choses pour pouvoir les faire découvrir à ma petite qui est hyper curieuse des trucs que j’essaie 🙂 Après tout, c’est mon rôle de maman de la préparer à sa future vie de femme 🙂

Les culottes menstruelles

Comme son nom l’indique, c’est une culotte tout à fait normale avec ce petit truc en plus : elle absorbe les règles ! C’est simple, c’est de loin ma protection préférée. C’est une culotte renforcée par plusieurs couches absorbantes qui sait se faire complètement oublier et zéro odeur ! (rappelez-vous que les odeurs proviennent surtout des produits chimiques qu’on injecte dans les serviettes hygiéniques) Et encore une excellente alternative non invasive pour les jeunes filles ! On n’arrête pas le progrès.

Tout comme la cup, au départ je me disais « mais qu’est-ce que ça doit être que ces culottes de grand-mère, bonjour le tue-l’amour,… ». Ignorance quand tu nous tiens… Ces culottes sont super jolies et ultra sexy ! On en trouve même avec de la dentelle ! Je laisse encore une fois Coline vous expliquer ce qu’est la culotte menstruelle 🙂 Mais pour moi c’est véritablement mon coup de coeur. En Suisse, elles tournent aux environ de 35.- pièce. Il faut en prévoir 2 ou 3 de plus pour avoir du change. C’est un petit budget mais cela en vaut largement la peine et surtout le nombre d’années d’utilisation (environ 3 ans) ! Il en existe évidemment pour chaque type de flux donc en prévoir plusieurs d’absorptions différentes.

Donc voilà mes 2 alternatives écologiques, économiques et saines (3 avec le flux instinctif libre 😀 ) pour éviter d’encombrer vos poubelles, minimiser votre impact écologique sur la planète et surtout pour protéger votre santé 🙂

A bientôt !

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