Notre vie au Canada

Déménagement Suisse – Québec : le chemin de croix

Fin décembre 2023, nous recevons l’incroyable nouvelle que mon mari avait décroché un travail au Québec lors des journées Québec-France. En soit, pour les « vieux débris » comme nous de plus de 35 ans, c’est le moyen le plus « simple » pour pouvoir partir vivre au Canada.

L’euphorie a pourtant vite laissé place à une très grosse anxiété. Les démarches administratives auprès du Québec et du Canada prennent en principe beaucoup de temps et notre situation n’était pas des plus simples. Nous sommes propriétaires de notre appartement, nous avons une petite fille de 9 ans et un berger malinois de 3 ans. Déménager toute la famille représente un challenge à lui tout seul. Beaucoup de questions qui vont finir par nous user mentalement et physiquement.

Le contrat de mon conjoint prévoyait un début des rapports de travail au 1er août 2024. Ce qui nous laisse un peu moins de 8 mois pour :

1) Attendre les fameuses autorisations canadiennes et québecoises (CAQ et EIMT) dont on nous annonce un délai de 2 à 4 mois quand tout va bien.
2) Faire une demande de permis de travail une fois le CAQ et EIMT reçus, ce qui peut prendre entre 2 à 12 mois… Puis en fonction de ça :

3) Vendre notre appartement sur un marché de l’immobilier frileux.
4) Quitter nos deux emplois moyennant un préavis de 3 mois (ce qui fait que pour un job au 1er août, on devait poser nos démissions en avril).
5) Trouver par nos propres moyens un appartement au Québec acceptant les chiens (qui plus est, un malinois…).
7) Mandater une entreprise de déménagement (nous envoyons un conteneur de 15m3 pour nos biens).
6) et enfin : réserver nos billets d’avion.

Lors des conférences pendant la journée à Paris, on nous indiquait que l’employeur se chargeait des demandes CAQ et EIMT ainsi que de trouver un logement à son employé, ce qui me semble normal et plutôt logique. En effet, difficile pour un étranger de montrer patte blanche à un bailleur (locateur au Québec) et encore plus de visiter un appartement sur place… Pour notre cas, en ce qui concerne l’appartement, nous devions totalement nous débrouiller. Et encore, nous avions la chance d’avoir ma maman qui habite à 15 minutes du futur emploi de mon mari et qui a visité des appartements pour nous. Merci à elle 🙂

Déjà là, de par notre expérience, on s’est rendu compte que même si le Québec a cruellement besoin de personnel qualifié venant de l’étranger, il ne fait pas grand chose pour nous faciliter la tâche pour notre arrivée (et les billets d’avion, c’est aussi pour ta pomme alors mettez bien de l’argent de côté 🙂 ).

Nous avons envoyé à l’employeur les documents pour la demande du CAQ et de l’EIMT en début février. Le dossier semble avoir été oublié chez le mandataire de l’employeur (spécialisé en immigration) et, après une relance de notre part, a finalement été envoyé début mai… soit 3 mois après notre envoi. Donc là, il était évident que débuter le job au 1er août était un peu compromis.

Pendant ce temps, et même si c’était totalement contre-indiqué au vu de cette totale incertitude, nous avons mis notre appartement en vente. On sentait le coup du « pas de nouvelle pendant des mois du Canada puis marathon de dernière minute pour se mettre en ordre et partir de Suisse ». Et c’est exactement ce qui s’est passé…

Nous avons pu vendre à terme notre appartement en mai en se laissant une marge jusqu’à mi-novembre si le Canada traînait un peu. Un gros problème de résolu. Une semaine après l’envoi de la demande d’autorisation au Québec, le mandataire nous écrit que nous pouvons faire notre demande de permis directement à notre arrivée à l’aéroport (ce qu’ils appellent là-bas un « tour du poteau« ) mais évidemment à nos risques et périls que ce soit refusé à notre arrivée, sinon ce serait trop simple… Donc à partir de là, on a posé nos démissions, espérant que le Québec ne mettrait pas plus de 2 mois pour envoyer notre CAQ et EIMT. Vous constaterez qu’absolument tout se fait à l’aveugle et cela met les nerfs à rude épreuve.

Incroyable ! Début juin, le Québec nous envoi nos autorisations (CAQ et EIMT). Nous avons ce qu’il faut pour quitter la Suisse en espérant que le permis nous sera délivré à la douane comme espéré. Mon mari devrait donc débuter son emploi début septembre.

Nous avons également fait nos demandes d’AVE (autorisation de voyage électronique), obligatoire depuis la Suisse.

Faites surtout très attention si vous avez habité au Canada par le passé. En temps normal, moyennant 7 dollars, l’AVE vous est envoyée par mail dans les minutes (que dis-je, les secondes) qui suivent votre demande. L’année passée, j’en ai malheureusement fait les frais, ayant habité durant moins de 2 ans au Québec lorsque j’avais 7 ans… 30 ans plus tard, alors que nous voulons partir en vacances, mon AVE est bloquée car ils suspectent que je suis toujours « résidente permanente » alors que je n’ai même pas eu le temps de la demander… Mon mari et ma fille ont pu décoller comme prévu et moi, je suis restée bloquée à l’aéroport de Genève… J’ai perdu une semaine de vacances et 1200 CHF de billet d’avion supplémentaire pour pouvoir profiter des 10 jours restant une fois ma renonciation à la résidence permanente envoyée et l’AVE enfin débloquée… Et j’ai pu revoir ma mère après 30 ans sans l’avoir vue (raison principale de ce voyage). Mais bon, je suis un cas spécial, et dans la très grande majorité des cas, ça passe du premier coup.

Nous avons mandaté une entreprise de déménagement genevoise qui va venir chercher nos biens 10 jours avant notre départ. Pour ce faire, nous devons remplir le formulaire B4 pour le dédouanement. Il s’agit d’indiquer grosso modo le numéro de vos cartons, ce qu’ils contiennent et une estimation de sa valeur. Nous envoyons nos 4 vélos, beaucoup de livres, de jeux de sociétés, du petit électroménager, des jouets et des souvenirs, histoire de retrouver un peu de nos « 40 ans » de vie en Suisse et ne pas se retrouver totalement dépaysés une fois en Amérique. Il faut compter environ 9000 CHF pour un conteneur de 15m3 depuis le Gros-de-Vaud jusqu’à Montréal.

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Les transactions entre la Suisse et le Canada

Une fois le devis de déménagement effectué, il faut évidemment trouver une adresse québecoise pour envoyer son conteneur puisqu’ils livrent directement chez toi. Début juin, nous avons commencé à chercher dans les petites annonces. Nous avons trouvé un seul appartement qui acceptait les chiens (il semble que les « locateurs » ne sont pas très Pet Friendly au Québec). Dieu merci, à 15 minutes en voiture du futur emploi de mon mari. Nous avons immédiatement contacté l’agence et ma maman a pu le visiter 3 jours plus tard. La semaine suivante, nous signions le bail 🙂 C’est la démarche la plus rapide que nous ayons faite pour le Québec 🙂 En Suisse à l’heure actuelle, pour trouver un appartement, c’est juste l’enfer et c’est super cher…

Préalablement, nous avons quand même dû contacter une assurance locataire (l’équivalent de la RC ménage en Suisse) pour assurer notre futur appartement. Cela a pris 25 minutes au téléphone avec une personne super sympa et le contrat a directement été envoyé au bailleur puisque nous n’avons pas encore accès à un compte en banque canadien ni un numéro de téléphone local. Au moins, sur ce point, ils sont super efficaces 🙂 Il faut compter 5 jours ouvrables pour qu’un virement international arrive à destination. En plus, les banques demandent énormément de frais pour chaque transaction et le cours du change n’est pas forcément à notre avantage.

En me renseignant un peu sur des groupes Facebook (hyper utile pour trouver des gens qui vivent ou ont vécu la même situation), j’ai appris l’existence de banques électroniques multi-devises. C’est totalement légal et sécurisé. J’ai donc ouvert un compte Wise (anciennement TransferWise) pour faire mes transferts d’argent de la Suisse au Canada (ou partout à l’international). L’objectif principal de Wise (qui existe depuis 2011) est de réduire les coûts et les frais bancaires dans le monde entier tout en offrant des taux de change équitables et transparents. D’ailleurs pour notre premier loyer, nous sommes malheureusement directement passés par notre banque suisse traditionnelle et elle nous a taxé 25 CHF de frais… Donc en Suisse, l’utilisation de cette banque multi-devises présente un réel intérêt, car généralement, elle s’avère bien plus économique que les banques traditionnelles.

L’ouverture du compte est simple mais surtout gratuite. Comme pour toute banque, vous devrez fournir une pièce d’identité et faire un selfie de vous-même. Une fois cela effectué et afin de mettre en route votre nouveau compte, vous devez faire un transfert de 20 CHF de votre banque traditionnelle à Wise. Tout est très bien expliqué. Au début, on se demande si ça va marcher (on fonctionne un peu à la vieille école…) mais après tout, ce ne sont que 20 CHF… (par rapport à tout ce qu’on nous avons perdu pour ce déménagement, ce n’est plus grand chose…) et tout s’est finalement bien passé.

J’ai commandé une carte bancaire (7 CHF, sauf erreur, et les frais d’envoi sont gratuits… 2 jours après, ma carte était dans ma boîte aux lettre, en provenance d’Angleterre…). La banque vous offre également une carte bancaire « électronique » gratuite pour faire vos transactions en ligne.

A l’ouverture de mon compte, j’ai ouvert un compte en devises suisses et un autre en devises canadiennes. Ce sont de vrais comptes avec de vraies adresses dans le pays d’ouverture (et chaque ouverture de compte-devises est gratuite !). Par exemple mon compte électronique canadien a son adresse à Ottawa et mon compte suisse par contre, se trouve à Londres. Mais lorsque je transferts de l’argent depuis mon compte traditionnel vers mon compte multi-devises suisse, mon IBAN de destination commence bien par CH. Il faut juste prendre le coup au début 🙂

J’ai effectué des paiements en magasin avec la carte et tout fonctionne parfaitement. Les transferts entre mes comptes multi-devises se déroulent instantanément et les transferts de mon compte traditionnel à mon compte multi-devises prennent max 3 heures. Je continue encore mes tests mais je suis ultra contente de cette découverte.

A notre départ, je transférerai mon argent de mon compte traditionnel sur mon compte devises suisses pour ensuite le transférer sans frais sur mon compte devises canadiennes avec le taux de change du jour. Une fois sur place, je pourrai utiliser ma carte bancaire Wise pour retirer de l’argent (les deux premiers retraits à la machine sont gratuits jusqu’à 2 x 200 chf) ou faire des paiements par carte avant de faire le transfert définitif sur une banque traditionnelle canadienne à moindre frais.

Les billets d’avion et le transport du chien

Ici, les choses se sont cruellement corsées… Et c’est rien de le dire.

Arrivé à cette étape, on pourrait croire que le plus dur a été fait. Il n’en est rien. Je dirais que le pire reste à venir…

Notre arrivée au Qubéec est prévue deux semaines avant la prise d’emploi de mon mari. Cela nous permettant de réceptionner notre conteneur, de nous installer gentiment (il faut savoir que, contrairement à la Suisse, votre appartement n’est pas « habitable » immédiatement. Vous devrez acheter votre propre réfrigérateur et votre cuisinière ainsi qu’accessoirement, votre lave-vaisselle et votre machine à laver. Lorsqu’ils déménagent, les québecois embarquent avec eux tout l’électroménager. Bref, vous payez un loyer exorbitant, tout comme en Suisse, mais votre appartement n’est pas fonctionnel. Première désillusion). De ce fait, il faut un peu plus de temps pour meubler votre appartement et pouvoir vous cuisiner vos petits plats chez vous. Et évidemment, il faudra inscrire notre fille à l’école. Bref, 10 jours, ce n’est pas de trop pour tout ce qu’il y aura encore à effectuer au Canada (je vous ferai un article sur cette partie-là 🙂 ).

Lorsque vous voyagez avec un gros chien de plus de 8 kg qui ne peut donc pas vous accompagner en cabine, vous devez lui réserver une place en soute. Pour ce faire, vous devez contactez téléphoniquement la compagnie aérienne qui opère le vol (chez nous, Air Canada). Le chien est ajouté comme « bagage supplémentaire » à votre billet d’avion.

ATTENTION ! Chaque compagnie aérienne a ses propres conditions et je dois avouer qu’Air Canada est l’une des pires compagnies en ce qui concerne le transport des chiens. Le poids maximum total, caisse et chien, ne doit pas dépasser 45 kg contre 75 kg pour Air France (Swiss manque d’informations mais on m’a dit 37 kg…). Lorsque vous dépassez le poids maximum, vous devrez obligatoirement vous adresser à Air Cargo et là, attendez-vous à vous faire essorer au niveau des prix…

Mon chien pèse 4 kg de trop pour voyager normalement en soute (environ 400 CHF pour des frais normaux gros chien). Du coup, après avoir pris contact avec Air Cargo, on nous a orienté vers Global Pet Mover, une société qui s’occupe de l’envoi des animaux. Nous avons demandé à ce que notre chien parte sur le même vol que nous, sans escale, évidemment. Nous avons reçu le devis et nous avons pleuré un bon coup : prix du voyage de notre chien et sur le même avion : 5000 CHF au lieu de 400 CHF… La douche froide ! Mais ce n’est pas tout… Air Canada impose une autre condition pour faire monter les chiens à bord du vol : la température extérieure ne doit pas dépasser 29,5 degré avant le décollage auquel cas votre chien reste bloqué à l’aéroport et vous devez vous démerder pour trouver un moyen de le caser dans une pension en attendant son prochain vol et dans notre cas, qui partons définitivement de Suisse, trouver une bonne âme qui acceptera de l’amener à l’aéroport le Jour-J. Mais rassurez-vous, vous êtes prévenu 24 heures avant le décollage si votre chien peut partir ou pas… Une merveille ! Donc en gros, tu paies 5000 CHF, soit plus que les billets d’avion de toute la famille et plus de la moitié du prix du conteneur en transit, mais tu n’es même pas assuré que ton chien décollera en même temps que toi… Bon, cela pourrait être pire, si vous partez de Zürich, avec la même compagnie, la température ne dois pas dépasser 27 degré, logique…

Donc en gros, si vous devez quitter la Suisse avec un gros chien pour le Canada :

– Soyez ultra vigilants sur les conditions de voyage en soute de votre chien (taille et exigences de la caisse, poids maximum, éventuellement température maximale exigée,…). Rien ne doit être laissé au hasard. Chaque compagnie aérienne a ses propres conditions.

– Préférez un vol sans escale, plus agréable pour vous et votre chien et pas la crainte d’éventuels problèmes durant le changement d’avion.

– Préférez Air France, ça vous évite l’incertitude du poids et de la température au départ et c’est plus avantageux. Par contre, je n’ai pas trouvé de départ sans escale depuis Genève ou Zürich. Dans ce cas, vous devrez probablement partir de Paris en espérant qu’il n’y a pas de grève ce jour-là…

– Faites surtout attention à la compagnie qui opère le vol ! Évitez Air Canada ! Nous avons réservé nos billets avec Swiss avec un service client impeccable et qui a su répondre à toutes nos questions (nous sommes passés par eux lorsque le personnel d’Air Canada n’arrivait pas à nous aider) mais c’est Air Canada qui opère le vol sans escale et malheureusement, ce sont leurs conditions, les frais liés ainsi que toute l’incertitude du décollage que nous devons subir.

– Pour la réservation des billets d’avion, que ce soit avec ou sans chien, utilisez un VPN pour éviter les frais supplémentaires liés à votre adresse IP. Les suisses se font toujours plumer car on considère dans le monde entier que le suisse moyen gagne le salaire de Bill Gates… Prenez un serveur en Inde ou même en France et vous verrez la différence de prix pour le même vol… On préconise de réserver les billets d’avion autour du 25 du mois, là où les gens n’ont plus assez de sous pour réserver. L’idéal est de le faire tôt le matin vers 4h. C’est une recommandation trouvée sur Internet. Dans l’urgence de la situation et le stress, nous n’avons pas pu tester. Si vous vous y prenez suffisamment tôt (plus de 6 mois à l’avance), vous paierez aussi sûrement moins cher, mais malheureusement, dans ce genre de situation, il est très difficile de savoir à quel moment vous quitterez la Suisse et vous devrez réserver vos billets « à la dernière minute », soit au prix fort.

Départ définitif hors de l’UAELE, attention à votre LPP !

Lorsqu’on quitte la Suisse pour un pays outre-atlantique, nous devons prendre notre LPP (2e pilier) avec nous. Attention, ceci a un prix ! Même si cet argent, vous l’avez cotisé pour votre retraite depuis vos 25 ans, l’État se fera un plaisir de vous en voler un peu (ou énormément) lors de votre retrait. Car une des conditions qui nous concerne pour retirer entièrement son 2e pilier est un départ hors UE-AELE (Europe).

Ce que le contribuable moyen comme moi ne sait pas toujours et on va surtout bien se garder de nous le dire, c’est que l’impôt prélevé sur la LPP en cas de retrait est imposé à l’endroit où est placé votre argent lors du retrait et non pas sur le canton de votre ancien domicile fiscal. Et c’est là toute la subtilité de la chose ! Voici ci-dessous un exemple d’impôt prélevé selon les cantons pour une prévoyance s’élevant à 150’000 CHF (j’ai pris l’exemple d’un vaudois marié comme nous) et constatez surtout la différence d’impôt entre Schwyz et les Grisons :

Alors, grâce aux conseils d’une collègue et d’anciens expatriés, pour économiser un peu d’argent et ne pas se faire avoir une énième fois par le système, la solution est simplement d’ouvrir un compte libre-passage situé dans le canton le moins cher de Suisse, à savoir Schwyz.

Schwyz a le taux d’imposition à la source sur les prestations en capital de prévoyance le plus bas de Suisse. Il s’élève à un maximum de 4,8 % et comprend les impôts cantonaux, communaux ainsi que l’impôt fédéral. J’ai contacté Liberty Vorsorge AG puisque c’est l’institution que l’on m’a conseillée le plus et vu les sommes en jeu, j’ai demandé à avoir un entretien téléphonique.

L’ouverture du compte est totalement gratuite. Si vous laissez votre argent 6 mois sur le compte libre passage, seuls 600 CHF seront prélevés par l’institution lors du retrait au Canada et vous ajouterez à cela évidemment le montant d’impôt prélevé par le canton de Schwyz. Par contre, si vous les retirez avant 6 mois, vous paierez 1200 CHF à l’institution (plus les impôts 😉 ).

Vous touchez un intérêt annuel de 1 % sur la somme déposée si vous ouvrez un compte libre-passage Lealta (qui est une branche de Liberty). Ce qui est extrêmement rare pour un simple « compte épargne ». C’est ce que nous avons tout les deux choisi. Lors de notre retrait l’année prochaine, mon conjoint devrait économiser 1000 CHF d’impôt (ce qui n’est pas rien et je pense qu’on a déjà assez donné à notre pays jusqu’à maintenant sans contre-partie…).

Pour ouvrir le compte, vous devez fournir évidemment une pièce d’identité et votre numéro AVS. Vous pouvez également donner procuration à l’institution (ce que nous avons fait afin de nous éviter encore plus de paperasse) afin qu’elle se charge du transfert de votre argent de la caisse de prévoyance de votre ex-employeur à votre compte libre-passage (c’est sans frais).

Une fois au Canada, il suffit de remplir un formulaire de retrait qu’on trouve sur le site (où vous avez accès à votre compte en ligne), vous vous rendez à l’ambassade suisse avec votre passeport, votre attestation de départ et ledit formulaire que vous ferez signer par l’ambassade et votre conjoint. Retourner le tout à Schwyz par courrier postal et attendez votre argent. Je vous expliquerai un peu mieux comment ça s’est passé une fois sur place.

Résilier les assurances et abonnements

Avant de partir, faites une vente à terme de vos véhicules. Ainsi vous disposez de votre voiture jusqu’à peu de temps avant votre départ. Si vous en obtenez un bon prix (j’ai vendu ma BMW i3 REX pour 7000 CHF après 6 ans de bons et loyaux services, soit 10’500 CAD), vous aurez suffisamment d’argent pour trouver une bonne occasion au Canada. Nous avons vu des Subaru (tip top dans la neige) pour 8000 CAD ! Bref, pas besoin de partir sur un leasing…

La majorité des assurances demande l’attestation de départ de votre commune pour pouvoir les résilier. Notre commune ne nous la délivre pas plus tôt qu’un mois avant notre départ, ce qui nous laisse très peu de temps pour mettre en ordre notre bordel administratif en Suisse (merci à eux….). Donc vous aurez besoin de ça pour Serafe, les assurances maladie, assurances vies, assurances juridiques, 3e pilier, RC ménage, les impôts, la LPP et j’en oubli certainement… Pensez à commander un acte d’état civil individuel dans votre canton d’origine (environ 30.-). C’est un document qui est demandé par la caisse de pension (LPP) et pour le 3e pilier et qui devra peut-être être authentifié chez un notaire (environ 50.- par personne) si vous ne passez pas par un compte libre passage.

N’oubliez pas de résilier vos abonnements Internet, TV et téléphone. Comptez la date de l’envoi de la résiliation + 2 mois complets. En gros, j’ai résilié mi-juin pour une fin au 31 août.

Prenez une carte prepaid avant votre départ histoire d’avoir un numéro où vous contacter provisoirement quand vous serez au Canada et modifiez déjà votre numéro auprès des assurances et autres institutions. J’ai choisi Lebara prepaid, qui a une offre appels et Internet illimités pendant 30 jours.

Une fois sur place, la première chose à faire est de faire un abonnement mobile canadien. Nous n’avions pas besoin d’un abonnement Internet à la maison car c’était déjà inclus dans notre futur loyer (par contre le débit est totalement pourri puisqu’il dessert 12 appartements). Nous avons choisi Fizz pour pouvoir appeller la Suisse même si, grâce à Whatsapp, il est très facile de rester en contact avec nos proches (mais les appels sont de moins bonne qualité).

Ensuite pour ce qui est de la banque canadienne, suite aux recommandations sur Facebook, le choix est assez vite fait. Nous allons partir sur la Banque Nationale qui a une offre spéciale pour les nouveaux arrivants sans frais mensuels pendant 2 ans. Sans oublier le compte épargne à 1,6 % d’intérêt annuel !

Voici donc la première partie de notre périple vers le Canada. Pour le moment, nous ne sommes pas encore partis et devrons prochainement affronter la paperasse suisse dès que nous aurons notre attestation de départ du contrôle des habitants. Je mettrai évidemment à jour cet article si d’autres surprises inattendues devaient arriver et surtout, comment y remédier, dans le calme, la joie et la bonne humeur 🙂 (J’ai déjà versé quelques larmes pour vous 😛 )

Vous pensez bien que pour une personne anxieuse neuroatypique, ce genre de déménagement n’est pas des plus simples. Je suis naturellement anxieuse et mon cerveau a tendance à buguer dans tous les sens en grosse période de stress. Impossible de planifier quoi que ce soit quand c’est le bordel dans ta tête. Je me suis donc aidée d’une mind map pour ce projet. Cela m’a énormément aidé mais également mon conjoint. J’ai pu poser chaque chose à faire, étape par étape et dans l’ordre, et cela nous a permis de respirer beaucoup plus facilememnt. Voici ma petite création :

A bientôt !

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