Il faut dire que, contrairement à ce qu’on nous fait croire de l’autre côté de l’Atlantique, la vie au Québec n’est pas vraiment une sinécure pour un travailleur étranger et sa famille. Si le rêve canadien semblait possible à l’époque de nos parents, il y a 30 ans, force est de constater qu’aujourd’hui, l’ambiance semble nettement différente, et les politiques, comme toujours, on bien fichu le dawa en matière d’immigration.
Mais j’ai décidé de ne pas complètement perdre espoir. Oui, j’en suis là. Au lieu de parler du Canada dans sa globalité, que je ne connais pas encore mais que j’ai ouï-dire beaucoup de positif de la part de québecois expatriés en terre anglophone, je ne parlerai que de mon « expérience québecoise » uniquement.
La question qu’on nous pose souvent quand on rencontre une nouvelle personne « icite », c’est : Mais pourquoi le Québec alors que tu viens de Suisse ??? (comprendre que pour eux, la Suisse est un pays exceptionnel et qu’ils ne comprennent pas très bien cette drôle d’idée qu’on a eue là…). Même si aujourd’hui plus que jamais, je me pose cette question, je vais essayer d’y répondre, quelque part dans l’article, après m’être perdue dans les méandres du « pourquoi je ne suis pas restée chez moi, bien tranquille ?« .
Quelqu’un m’a dit un jour, alors que nous étions toujours en Suisse, que notre petit peuple helvétique, en Amérique, était vu comme prétentieux et orgueilleux et que nous devions faire attention à la façon dont on s’adresserait aux locaux sous peine de passer pour la duchesse du Pompidou. Il semblerait qu’on pèterait plus haut que notre cul.
Personnellement, je ne vois pas pourquoi le fait d’expliquer à quelqu’un qu’il a tort d’agir de cette façon serait de la prétention, mais plutôt du bon sens. Très souvent, c’est plus facile de refuser d’accepter qu’on est à côté de la plaque que de corriger le tir. Et si la Suisse est ce qu’elle est, c’est peut-être parce qu’elle n’est pas gouvernée avec les pieds (maudite prétentieuse que je suis !). Je refuse de modifier mon identité, ma culture, mon éducation, pour porter un masque supplémentaire en plus de ceux que je dois porter pour cacher mon autisme, juste pour faire plaisir et ne pas vexer les quelques épais qu’il m’arrive de croiser de temps en temps.
Durant les premières semaines, je me posais souvent cette question, en proie à d’énormes déboires avec l’administration québecoise qui est d’une lourdeur ! mais d’une lourdeur ! Vous n’avez même pas idée !
J’ai déjà expliqué toute la paperasse qu’il faut faire en arrivant dans un précédent article. Bien que cela soit évidemment très lent, il faut également faire avec les nombreuses erreurs administratives que tu dois faire corriger derrière et qui prennent un temps, MAIS UN TEMPS ! et en plus, que tu dois PAYER ! Ça y est, je m’égare déjà !
Cet article représente uniquement mon point de vue extérieur d’une personne ayant vécu toute sa vie dans un pays étranger, en Suisse, un pays lui-même non représentatif de l’Europe, de par sa particularité singulière. Je rajouterais qu’avec mon TSA, il est encore plus difficile de s’adapter à de tels changements drastiques de culture, de mentalité, de « normes »,… C’est comme essayer de faire rentrer un carré dans un rond. Les bords finissent par s’arrondir mais cela prend beaucoup plus de temps et quelques meltdowns.
Bon, on commence par quoi ? Le négatif ou le positif ? Allez, soyons fous !
LE NÉGATIF

TROUVER UN JOB
Quand tu commences un nouveau job, avec déjà tout le stress que cela engendre, tu dois être opérationnel immédiatement. Pas de temps d’adaptation, pas de formation à la manière de travailler de l’entreprise et aussi histoire de te mettre un minimum à l’aise (en Suisse, il y avait toujours quelqu’un, dans mes débuts, pour m’épauler et m’expliquer comment faire les choses correctement pour ÉVITER DE FAIRE DES ERREURS qui te feront perdre un temps fou à corriger et qui feront, par la même occasion, perdre beaucoup d’argent à ton entreprise puisqu’il paraît que le temps, c’est de l’argent !), pas de procédures écrites si jamais personne n’est capable de t’aider. Bref, tu te démerdes !
Sans paraître prétentieuse (maudite suissesse que je suis !), étant diplômée d’une école de commerce, j’ai une solide formation en dactylographie et je peux te pondre un texte très rapidement grâce à la méthode des 10 doigts. C’est sans compter ce maudit clavier QWERTY de M où toutes les touches ne sont plus au bon endroit.
Mon premier job au Québec, j’avais cette horrible impression d’être une incapable débile sur un ordinateur (je suis passée de PC à Apple et de QWERTZ à QWERTY, en plus des téléphones en vieux français où je devais sans arrêt faire répéter les gens tellement je ne comprenais rien). Résultat de l’affaire, j’avais à peine travaillé deux mois (dans un job que je ne connaissais absolument pas) que mon taux de cortisol était à son apogée et que j’ai jeté l’éponge avant de risquer de finir en burnout. L’avantage au Québec, c’est que durant la première année, tu peux démissionner sans préavis. Tu peux dire que tu te barres et le lendemain tu restes chez toi.
MAIS ATTENTION ! Ici, tu es payé à l’heure (et pas au mois, comme bon nombre d’entreprises suisses). Donc ton salaire s’arrête au moment où tu auras « punché » pour la dernière fois. Attends-toi donc à ne plus toucher un cents jusqu’à ton prochain job. Je précise également que la première année, tu n’as droit qu’à deux semaines de vacances payées (contre mes 5 en Suisse). En fonction de l’ancienneté, ça augmente, mais à chaque fois que tu changes de job, tu retombes à deux semaines… Tu peux prendre d’autres semaines mais comprends bien que tu les financeras avec…. rien…
Moi, mes économies durement mises de côté en Suisse, ont commencé par fondre comme neige au soleil (et après, tu entends des locaux dire que les travailleurs étrangers profitent du système pour vivre sur leur dos…. Tu sais, les mêmes ignares qu’on a en Suisse au bout des comptoirs et qui crachent sur les étrangers sans savoir de quoi ils parlent…) En tant que travailleurs étranger, durant les 18 premiers mois, tu ne touches aucune allocation familiale pour enfant, contrairement à la Suisse, qui a le bon sens de ne pas faire de différence entre une famille indigène et une étrangère. Car un enfant, c’est un poids financier pour TOUT LE MONDE ! Et ce genre de commentaires idiots, ça me met littéralement hors de moi, puisque c’est nous-mêmes, à travers nos économies, qui finançons leur maudit système branlant.
Alors, c’est là qu’un nouveau mythe fait son apparition : « Avec les diplômes et l’expérience que tu as, tu vas trouver du travail en 2 jours« .
C’est une Suissesse expatriée au Québec (et revenue en Suisse) qui me l’a dit, ainsi que bon nombre d’autres personnes, y compris des québecois. Le premier job que j’ai trouvé, c’est grâce à un ami québecois qui a parlé à une de ses connaissances qui cherchait quelqu’un. Les postulations que j’avais faites précédemment n’avaient mené qu’à un vide intersidéral.
Une fois, j’ai postulé pour un emploi de secrétaire dans une école. J’ai passé avec succès le premier entretien et j’ai du effectuer un test de français chronométré pour tester mon niveau. Je répète que c’était dans une école.
La recruteuse m’a dit que j’avais réussi le test à 97 % (non, je ne mythonne pas et encore aujourd’hui, je me demande où est-ce que j’ai bien pu merder pour le 3 %) et qu’elle n’avait jamais vu un tel résultat. Ciboire ! ENGAGE-MOÉ ! Ben non ! Je n’ai pas été prise, car il y avait une mention sur mon permis de travail qui indiquait que je ne pouvais pas travailler dans le milieu médical ou dans le scolaire public étant donné que je n’avais pas passé un test médical ! Ce n’était pas un poste d’enseignante mais de secrétaire ! Alors que le secteur est cruellement en manque de personnel, ils peuvent se permettre de refuser des personnes qualifiées juste parce qu’elles n’ont pas pissé dans un gobelet ! J’étais sidérée ! Donc voilà un parfait exemple de la lourdeur et du « ça a pas d’bon sang ! » du système administratif québecois…
Finalement, après 3 longs mois à chercher en vain du travail dans mon domaine de formation (employée de commerce, secrétaire médicale ou massothérapeute), j’ai décidé de faire un virage à 380° et j’ai postulé dans l’horticulture, en tant que simple ouvrière sans formation, et j’ai été acceptée ! C’est malheureusement un travail saisonnier d’environ 8-9 mois, physiquement très difficile, pas loin du salaire horaire minimum (seulement 16 dollars au Québec), mais cela me permet de payer ma part du ménage, de ne pas continuer à grignoter mes économies, de financer au minimum ma retraite suisse et de me payer de temps en temps un petit livre. Qu’on s’entende, ce n’est pas avec ce salaire-là que je retournerai en vacances en Suisse durant les 3 prochaines années, mais je fais quelque chose qui me plaît et en lien avec la nature.
Il va falloir désormais que je trouve un autre emploi pour les mois d’hiver, peut-être dans la station de ski à côté de chez moi, si j’y arrive. Mon idée de base en venant ici, c’était de travailler à mon compte comme massothérapeute. Mais je ne vais pas me lancer dans la construction d’une usine à gaz si, dans 2 ans, le gouvernement québecois nous dit de foutre notre camp. Car il faut dire qu’en ce moment, la politique en matière d’immigration et de résidences permanentes est absolument exécrable.

ET TA VISION POUR LA RETRAITE ?
En Suisse, je passais mon temps à critiquer notre administration mais je vous promets que vue d’ici, elle est d’une rapidité et d’une efficacité exceptionnelle ! Comme nous sommes enregistrés comme « suisses de l’étranger« , nous sommes toujours étroitement en contact avec notre belle patrie et notre ambassade, qui nous envoient régulièrement des courriels pour : les prochaines votations qui auront lieu dans notre pays, les impôts (c’est très rare qu’ils t’oublient ceux-là…), mais aussi et surtout, pour notre chère AVS.
Oui oui, nous versons également de l’argent à notre pays pour notre future retraite, soit 10,1 % de nos revenus québecois. Ce n’est absolument pas obligatoire mais sincèrement, même si ça paraît énorme de verser une telle somme, ne faites pas l’erreur de ne pas vous inscrire volontairement à l’AVS facultative si vous venez vivre ici. En tant que Suisse au Québec, si vous restez, ce sera peut-être la seule rente décente que vous toucherez à 65 ans… Et si vous rentrez en Suisse, au moins, vous n’aurez pas de trous de cotisations dans votre AVS. Nos rentes minimales sont déjà assez basses comme ça…
Personnellement, en une année, je n’ai pas réussi à mettre un seul dollar de côté dans mon épargne ! Ce que je trouve extrêmement gravissime ! Mais le système fonctionne comme ça et cela semble tout à fait normal. Si tu as un petit salaire (comme moi actuellement), tu es condamné à travailler jusqu’à ce que mort s’ensuive ou vivre avec une retraite vraiment indécente. Rassurez-vous, mon conjoint, grâce à qui nous avons pu venir ici et qui touche un salaire dit « élevé », n’arrive pas non plus à mettre de côté. C’est vraiment très angoissant et on se demande qu’est-ce qu’on fait faux. La seule chose « rassurante » que nous avons fait pour ces 3 années provisoires au purgatoire, c’est d’ouvrir un CELI et d’y placer nos économies pour faire travailler notre argent en bourse et espérer le faire un peu fructifier (quitte à ne rien pouvoir mettre de côté…), c’est un peu le truc à la mode ici si tu veux économiser pour ta retraite. Malheureusement, c’est sans compter l’arrivée au pouvoir du premier dictateur des USA et de la bourse qui ne fait que de jouer aux montagnes russes à cause de ses prises de décisions dignes d’un enfant de 4 ans.
Si on prend le système de retraite en Suisse, on le décompose en 3 piliers :
1er pilier : l’AVS/AI (Assurance Vieillesse, Survivants et Invalidité) : Elle assure les besoins de base de toute la population. Lorsque le revenu de la rente ne suffit pas, les prestations complémentaires (PC) permettent de disposer du minimum vital.
2e pilier : La LPP (Loi sur la Prévoyance Professionnelle) financée par l’employeur et l’employé à partir de 24 ans : elle permet de conserver dans une large mesure son niveau de vie antérieur. Pour cela, les personnes exerçant une activité lucrative sont affiliées à une caisse de pension, à titre obligatoire ou facultatif, mais très souvent obligatoire puisque l’employeur doit la verser à partir d’un salaire minimum de 22680.- par année (Personne en Suisse n’arrive à vivre avec des salaires annuels inférieurs à ce montant. En dessous, ce sont principalement les apprentis qui touchent ce genre de salaire).
3e pilier (prévoyance privée) : Tout simplement l’épargne que l’on met facultativement nous-même de côté pour la retraite quand il nous reste encore un peu d’argent après avoir payé toutes nos autres assurances, loyers, et autres charges hors de prix. Le montant maximum de cotisation déductible des impôts se monte à 7258.- par année. L’argent ainsi épargné demeure bloqué – à certaines exceptions près – jusqu’à la retraite. Il est ensuite versé et peut être utilisé librement.
Par contre, au Québec, la rente minimale à la retraite n’est pas un montant fixe et garanti, mais plutôt un revenu de base provenant du Régime de rentes du Québec (RRQ) et de la Sécurité de la vieillesse (SV). Le montant reçu dépend de plusieurs facteurs, notamment les cotisations au RRQ, l’âge de départ à la retraite, et l’admissibilité à la SV. Pour moi, ce système est dégueulasse, notamment pour les femmes qui sont restées à la maison pour élever leurs enfants et il y en a encore beaucoup qui dépendent financièrement de leurs conjoints, même quand les enfants sont grands. J’imagine très bien la chose : ces personnes n’ont presque jamais cotisé à la RRQ et se retrouvent à l’âge de 70 ans à devoir travailler pour pouvoir se nourrir.
Car oui, il est tout à fait normal de voir des personnes en âge d’être à la retraite, même depuis un certain temps déjà, travailler dans des supermarchés ou ailleurs. On m’a souvent dit que c’était pour garder un contact social. PARDON ? Il y a bien d’autres façons de voir du monde et d’occuper sa retraite que de travailler 8 heures par jour à ranger des caddies ou dire bonjour, à l’entrée du magasin, à des gens qui tirent la gueule. Quoi par exemple ? Faire du bénévolat dans les innombrables lieux d’aide à la communauté (déjà rien que ça, cela devrait nous alerter sur la précarité des gens et le besoin accru de la présence de ces institutions), aller dans un club de lecture, faire de la rando dans les innombrables parcs nationaux du coin, aller boire un café avec ses potes retraités, jardiner, lire un livre, s’occuper de ses petits-enfants, voyager,… Croyez-moi, il y a plein d’activités à faire au Québec, alors on ne me fera pas croire un tel mensonge. D’ailleurs, quand je regarde ces personnes, je n’ai pas l’impression qu’elles respirent le bonheur…

ET LE COÛT DE LA VIE ?
En Suisse, la vie était très chère. Au Québec, par contre, la vie est encore plus chère ! Attention ! Je te parle en tant que résidente provisoire de la province et non pas comme touriste (bien que nos vacances au Québec en tant que résidents suisses avaient été les plus chères de toute notre vie). Je te parle de quelqu’un qui vit au Québec, avec un salaire québecois ! Tu vois la nuance ? En Suisse, même avec un petit salaire, j’arrivais à mettre un peu d’argent de côté. Ici, avec mon salaire actuel, c’est tout bonnement impossible ou alors je ne me ferais jamais plaisir et ma vie se résumerait tout simplement à voiture, boulot, dodo. En gros, je ne vivrais plus que pour travailler au lieu de travailler pour vivre (exactement la raison pour laquelle nous avions décidé de quitter la Suisse)….
Je ne sais pas vraiment comment ça se passe quand tu tombes malade et que tu ne peux pas aller travailler. En Suisse, la question ne se pose pas, tu restes payé, même si tu tombes malade ou tu te brises une jambe. Ce qui en soit est quand même normal puisque les factures d’assurance, d’électricité, le loyer, etc,… s’en fichent bien comme il faut que tu sois payé ou pas, un concept que le Québec semble avoir de la peine à comprendre et qui doit envoyer pas mal de monde sous les ponts en cas de malheureux coup dur. C’est de l’esclavagisme occidental moderne et ça passe.
Je vais prendre mon exemple en ce qui concerne le coût de la vie et si par malheur je devais me retrouver seule du jour au lendemain avec un enfant (ce qui arrive bien plus souvent qu’on le pense…) : J’ai un salaire quasi minimal, ce qui en soit est considéré comme normal et pas si pire (compter environ 2400 dollars (1400 CHF) net par mois puisque ça varie en fonction des heures travaillées). Un enfant à charge et sans aucune aide du gouvernement et la cantine de l’école à 7 dollars par jour. Un 5,5 pièces, au 3e étage, sans ascenseur, sans garage, ni cave ni galetas (juste un minuscule cagibi où tu peux à peine mettre deux vélos (c’était le seul appartement trouvé de vacant et qui acceptait les chiens) le tout pour la somme exorbitante mais normale de 1400 dollars.
Il paraît que c’est comme ça depuis, vous savez, cette fameuse grippe qui a justifié de foutre toute l’économie mondiale en l’air et d’augmenter le prix de tout ce qui existe (sauf les salaires) parce que même les légumes, les loyers et tout ce qui coûte de l’argent aux gueux ont choppé le virus, et que même 5 ans après, l’économie se traîne un Covid long… (maudite complotiste que je suis). Une grippe qui provoque un grand reset économique mondial et qui rend les riches encore plus riches et les pauvres toujours plus pauvres, c’est assez impressionnant.
L’assurance voiture pour le bazou revient à environ 100 dollars par mois et l’essence à 150. Mettons à deux, je compterais environ 700 dollars de nourriture sur un mois (on ne mange pas de viande), l’abonnement mobile me revient à 45 dollars et l’électricité chaque 3 mois à 80 (en été) et 180 (en hiver). Je ne compte pas de vêtements ou d’activités et je suis déjà hors budget.
Je devrais donc de toute façon sacrifier la cantine (en même temps, ce n’est pas terrible ce qu’on leur donne à manger…), trouver un appartement beaucoup plus petit, dans l’urgence, et surtout en-dessous de 1000 dollars ce qui, dans la région, est quasiment impossible (pourtant, on est en campagne). Bref, avec mon salaire, je serais de toute façon dans la misère. À deux, on s’en sort mais on ne fait pas les malins non plus. Nous n’avons pas cette éducation à la consommation par crédit donc si on n’a pas les moyens de se payer un truc, c’est simple, on ne l’achète pas. C’est peut-être ce qui nous sauve. En tout cas, une personne seule avec un salaire minimum, je ne sais pas comment elle fait, à part vivre chez ses parents jusqu’à sa retraite. Ce n’est pas une vie, c’est de la survie. Et ne pense pas à vendre ta voiture pour prendre le bus ou le train. Dans la région de Victoriaville, si tu n’as pas de voiture, tu es foutu car il n’y a aucun transport public.
Parlons des pépins de la vie. En une année, on a eu la « chance » de tester pas mal de trucs, notamment les hôpitaux et le système du chômage au Québec. En faisant du snowboard, les deux grands enfants un peu fous que nous sommes se sont collisionnés à pleine vitesse. Cela aurait pu être grave quand on y pense et on s’est pas mal remis en question sur nos comportements enfantins lorsqu’on fait du sport (ça me fait penser à la période où je faisais de la moto et que je brûlais la chandelle par les deux bouts en remontant à toute blinde nos beaux cols suisses…). Bref, il paraitrait qu’on n’a plus 20 ans… Résultat des courses, une belle clavicule cassée pour Monsieur, qui faisait le gros dur jusqu’à la maison et qui a failli s’écrouler en voyant l’os cassé qui essayait de traverser sa petite peau toute fine. Arrrk.
En arrivant à l’hôpital, j’ai cru arriver dans un vieux sanatorium des années 1900 tout vieillot. J’ai d’ailleurs l’image du sanatorium de Waverly Hills. Donc oui, c’est vrai que le milieu de la santé au Québec ne pète pas le feu et aurait besoin d’un bon coup de frais. Mais quoi qu’il en soit, mon chum a eu la chance d’être pris en charge très rapidement (ce qui est très rare). Arrivé autour de 11h, il ressortait à 19h, fraîchement opéré d’une clavicule en métal. Pas de frais médicaux puisque l’assurance maladie prenait tout en charge. ENFIN UN POINT POSITIF ! MAIS….
4 semaines d’arrêt de travail ! Et là, les nouveaux ennuis commencent. A ce moment-là, j’étais encore entrain de chercher obstinément un travail donc je n’avais pas de salaire qui rentrait et je tapais dans mes économies. On apprend alors qu’il faut faire plein de démarches merdiques auprès de l’assurance chômage pour peut-être, éventuellement, toucher un salaire. Oui oui, tu es accidenté et tu dois courir partout pour pouvoir continuer à payer ton loyer et ta bouffe.
L’employeur a cessé de le payer pendant son arrêt accident. On nous a expliqué que les deux premières semaines d’arrêt n’étaient pas couvertes par le chômage. C’est une sorte de « caution ». Mais n’importe quoi… Finalement après avoir rempli toute sa paperasse, il a fini par toucher une petite partie de son salaire au bout d’un mois, lorsqu’il a recommencé à travailler (oui, parce que ce n’est pas ton salaire total mais environ 50 % seulement que tu reçois… C’est vrai que les factures mensuelles diminuent aussi de 50 %, cela va de soi). Pendant 1 mois, notre famille a vécu avec zéro rentrée d’argent.
À partir de ce moment-là, tu sais que tu n’as pas le droit de te péter un truc ou de tomber malade. Ce système me fait de plus en plus penser à de l’esclavagisme moderne. En Suisse, les employeurs ont des assurances pour leurs employés en arrêts qui leur permettent de payer leurs salariés à 100 % pendant une longue durée et qu’en plus, ils se chargent eux-mêmes de la paperasse auprès des assurances. Ben oui, tu es malade, il ne manquerait plus que tu doives engager une secrétaire pour gérer ta vie administrative pendant que tu ne rapportes plus rien au système…
Cela a du bon pour l’économie : ça oblige les employés à bosser, même avec 40 de fièvre. Pendant 1 an, le seul truc qui me soit arrivé, c’est un maudit rhume, juste en ce moment, pendant la canicule, parce qu’une sorte de gros épais nous a toussé dessus sans mettre sa main devant la bouche dans un Tim Hortons surclimatisé… En même temps, il vaut mieux ne pas tomber malade puisque nous n’avons pas encore de médecin de famille (j’ai même entendu dire que certains attendaient une place chez un médecin depuis 8 ans…). Du coup, on touche du bois et on se soigne nous-mêmes.
Si nous sommes venus au Canada, c’est justement pour ne plus avoir de crédit d’aucune sorte et vivre uniquement avec nos revenus. Le problème, c’est qu’ici, la « cote de crédit » a un poids gigantesque. C’est simple, si ta cote est mauvaise ou inexistante (si tu n’utilises pas de carte de crédit du tout), tu ne peux pas acheter une maison. En gros, et contrairement à la Suisse, où une enquête de crédit est systématiquement menée chaque fois que tu en demandes un pour voir si tu es solvable pour le remboursement, au Québec, on te conseille fortement de tout payer avec ta carte de crédit. Il semblerait qu’être en négatif soit positif. Seigneur…
Sincèrement, après une année, j’y comprends toujours rien mais ce que je sais, c’est que la banque peut bien avoir la totalité de tes comptes bien remplis sous le nez, tes fiches de salaire et aucune facture en retard, on peut te refuser l’achat d’un bien immobilier… La logique de l’Amérique me laisse pantoise… Et comme j’ai la phobie de la carte de crédit en négatif, j’ai tendance à remettre l’argent immédiatement dessus depuis mon compte de débit et ce que j’en sais, c’est que si tu rembourses trop vite ta carte de crédit, ça te fait une cote minable… Logique !

Bon, la nourriture coûte extrêmement chère et ça, c’est déjà avant de rajouter les 15 % de taxes. Tu dois aussi savoir que certains aliments ne sont pas du tout taxés (le truc simple que je me suis trouvé : tout ce que tu dois cuisiner, il n’y a pas de taxe, et tout ce qui est déjà prêt à être mangé est taxé. Le fromage suisse coûte cher mais tu n’as pas vu le prix des fromages du coin ! Ils ont d’énormes producteurs laitiers mais ça te coûte quand même un bras (à part le délicieux fromage de la Fromagerie du Presbytère, le cheddar en caoutchouc que tu trouves dans les supermarchés du coin ne casse pas trois pattes à un canard) et tu n’imagines même pas le prix des crèmes glacées !
Est-ce qu’on a parlé du prix des resto ? Alors c’est aussi pas mal cher mais à cela, tu dois, en cas de service à table, obligatoirement rajouter le pourboire, que le service soit parfait ou, au contraire, complètement pourri. J’ai tellement la trouille, en filant 10 %, que la prochaine fois que je reviens je trouve un glaire dans ma poutine, je donne systématiquement 20 % (et il paraît que ce n’est encore pas assez). Donc tu comprendras que les restaurants, on n’y va pas souvent, pour le bien-être du porte-monnaie.
En fait, les employeurs paient leurs employés au lance-pierre. C’est simple, un serveur est payé au fameux salaire minimum (est-ce que je dois rappeler que je trouve ça vraiment dégueulasse ?) mais il semblerait qu’il y a une autre affaire d’imposition incompréhensible que là non plus, j’ai pas tout compris (pour changer…). Enfin bref, si tu ne lui donnes pas de pourboire, il faut comprendre qu’il sera encore plus dans la misère qu’il ne l’est déjà. Par contre, si tu vas dans un fast-food, il ne devrait pas y avoir de pourboire car il n’y a pas de service à table. C’est du moins ce que j’en ai compris. Alors quand tu dis que les employeurs devraient payer mieux leurs serveurs, ils nous disent qu’il faudrait alors augmenter le prix de la nourriture (qui est déjà bien trop chère…). Et dans ce cas-là, il faudrait augmenter les salaires de toutes les autres professions de gueux (dont je fais partie) et donc, augmenter les prix de tout, etc… Comprendre que si vous êtes pauvre, vous le serez toujours…
Avec le temps, j’ai trouvé mes endroits de prédilection pour faire mon épicerie et espérer un jour retourner en vacances en Suisse : Bulk Barn (un fabuleux magasin de vrac), Maxi (tu peux baisser le prix d’un produit à la caisse si tu as trouvé le même moins cher ailleurs) et Dollarama.

HOOOO LE JOLI PITOU ! ON AIME MAIS PAS TROP…
Le Québec c’est beau, c’est plein de belles forêts, de lacs et de rivières. C’est la nature, c’est la liberté ! Sauf que… quasi tout est interdit aux chiens ! Je cherche encore quel est le problème avec les canins dans cette province.
Déjà, je trouvais que c’était une mauvaise idée d’embarquer notre chien avec nous dans cette histoire mais chez nous, on n’abandonne personne. On a une magnifique piste cyclable qui passe pas loin de la maison. Entre les arbres, à l’ombre et très tranquille pour le peu de sportifs à moteurs électriques qui l’utilisent. Alors je vais promener mon chien sur cette route et quelle n’est pas ma surprise de découvrir que le seul sentier sécurisé sans voiture de la ville est interdit aux chiens ! Immédiatement, j’ai ressenti une montée de colère en moi.
Ce n’est pas tout. Le seul endroit officiel où tu as le droit de lâcher ton pote, ce sont les parcs à chiens clôturés. Minuscules, sales et remplis de bêtes à problèmes. Parce que oui, vous vous imaginez bien quel genre de comportement un animal censé pouvoir courir, se défouler et jouer, risque d’attraper à force d’être continuellement pendu au bout d’une laisse de 1m50. Si j’ai rencontré 4 chiens biens dans leur tête dans cette province, c’est énorme ! Quasiment à chaque fois que je passe à côté d’un autre chien, ils veulent nous sauter dessus, aboient comme des attardés de façon pas très amicale, avec, en bout de laisse, un maître complètement inapte à gérer la situation. Je me demande si les cours d’éducation canine existent ici. Il faut croire que non…
J’ai tout simplement décidé de faire comme tout le monde ici vis-à-vis des innombrables règlements idiots pour tout et pour rien, et de m’en calisser. Mon chien est éduqué et n’agresse personne, je ramasse systématiquement ses crottes parce que moi-même, je suis éduquée et même si cela m’ennuie royalement, je le tiens tout le temps en laisse pour éviter de me faire chicaner par un local.
Les gens que tu croises ont souvent l’air gentil mais j’ai remarqué qu’ils étaient peut-être pires que les suisses (je ne pensais pas que c’était possible…). Et si ça peut te dégueuler dessus par derrière anonymement, c’est correct. Ici, sur Facebook, il y a des groupes « spotted ». Ce sont des endroits où les personnes frustrées et haineuses déversent leur salive toxique sur les malheureux qui osent profiter de la vie sans ennuyer personne. C’est simple, le seul fait que quelqu’un puisse être heureux les rend fous furieux ! Alors si tu as le malheur de péter de travers, attends-toi à avoir ta photo crucifiée sur ces groupes publics.
Une fois, je lançais un bâton à mon chien dans le parc derrière l’église (on m’avait pourtant dit qu’on pouvait y lâcher son pitou) et il y avait un petit vieux qui me prenait en photo. J’ai bien cru que j’allais finir sur ce groupe de pisseux… La délation québecoise, un sport national. J’ai rapidement appris à me méfier de la gentillesse des gens et sincèrement, ça me rend super triste. Au moins en Suisse, si tu n’aimes pas quelqu’un, tu as au moins la décence de tirer la gueule quand tu le croises…
Bon, ils ne sont pas tous comme ça, rassurez-vous ! Moi-même j’ai la chance d’être entourée de gentils locaux, que ce soit à la bibliothèque où je me rends régulièrement ou sur mon lieu de travail. Mais c’est quand même mon ressenti et celui de pas mal d’expatriés européens. Ces sourires et cette gentillesse gratuite venant de parfaits inconnus, désolée, mais ça sonne très souvent faux. C’est simplement culturellement comme ça.
Je vais prendre l’exemple des nouvelles rencontres. Au Québec, quand tu rencontres quelqu’un pour la première fois, c’est un feu d’artifice d’émotions positives. « Youhouhou ! You’re my best friend from ever ! C’est presque le coup de foudre, à tel point que moi, ultrasensible, je me fais toujours avoir. Je me dis « ça y est ! j’ai enfin un pote ! » Puis, dès que tu dis au revoir, c’est fini ! Rupture. Cœur brisé. Plus aucune nouvelle. Descente du rideau. C’est pour ça que les sourires et la gentillesse, au bout d’un moment, on n’y croit plus vraiment.
À l’inverse, un suisse sera beaucoup moins expressif, pour ne pas dire méfiant. C’est ainsi, cela fait partie de notre identité, tout comme la surexpression américaine. Ce sont les deux extrêmes qui se rencontrent et qui fait qu’on peut avoir l’air « en recul ». L’observation est un art. On essaye de capter le vrai du faux. Une fois que la première couche est grattée, on s’ouvre gentiment, on rigole, on partage. Et puis on se dit au revoir. Et le matin ou peu de temps après : « hoooo tiens, une demande d’amitié sur Facebook ! » Puis on se recroise, on parle. On va boire un jus. On se reparle de choses plus personnelles, on gratonne doucement mais sûrement, et si dans le temps il y a vraiment un bon feeling, il y aura une vraie amitié. En général, quand on coupe la conversation et qu’on ne donne plus de nouvelles, pour ma part, c’est qu’on m’a fait une grosse vacherie.
On a vraiment cette image de touristes que les québecois sont adorables et en plus, leur accent en rajoute une couche. Et c’est vrai pour une bonne partie d’entre eux, sauf que les mauvaises personnes prennent beaucoup plus de place énergétiquement que les bonnes car elles sont tout autant expressives et ne se cachent même pas.
En me promenant sur cette fameuse piste cyclable avec mon chien, je croise une dame. Je venais de ramasser sa crotte que je tenais bien visible à la main et je la salue poliment, comme il se doit lorsqu’on est une personne civilisée. Mon chien marche au pied, dans l’herbe au bord du sentier, sans dire un mot ou faire un geste de travers. Elle me répond avec cet habituel sourire qu’ont les québecois, comme s’ils t’aimaient profondément et véritablement et qu’ils avaient envie de te faire un gros câlin. 100 m plus loin, elle arrive à la hauteur du vieux belliqueux du village, avec qui j’avais déjà parlé, en lui expliquant qu’en Suisse, les chiens ont le droit d’être lâchés partout, sauf dans les localités et les réserves naturelles du moment qu’ils sont éduqués. Que les crottes ne sont ramassées que lorsqu’elles sont sur les chemins ou aux abords des champs cultivés et que, si elles sont dans des endroits dans la nature où personne ne risque de poser son petit pied dessus, on peut les laisser (après tout, elles sont biodégradables, tout comme les crottes des humains remplis de substances chimiques).
Et là, je commence à les entendre parler, les vieilles biques ! Le masque tombe : « C’est incroyable ! Cette piste est interdite aux chiens ! Les gens ne respectent rien ! Ils ne ramassent pas leurs merdes ! » et patati et patata… Sauf que moi, j’ai de bonnes oreilles. Mon côté suisse a pris le dessus et j’ai ronchonné, seule dans ma tête avec moi-même, mais je pense que si j’avais pu retourner vers eux et lui étaler la bouse de mon chien pour lui faire un beau masque hydratant sur sa face de sorcière, je l’aurais fait avec grand plaisir. Ça lui aurait donné une vraie occasion de déféquer sur son monde rempli de haine et de rage. Pauvre femme !
Même s’il y a beaucoup de forêts autour de chez nous, elles ne sont pas vraiment praticables ou très souvent privées donc inaccessibles pour le commun des mortels souhaitant profiter d’une nature ancestrale. Les seuls endroits véritablement publics sont les parcs gérés par le gouvernement ou les municipalités. Parfois ils sont gratuits, souvent ils sont payants. Et très souvent, ils sont interdits aux poilus. Ce qui te laisse peu d’endroits autres que les minuscules trottoirs des villes et leurs affreux parcs à chiens cinglés pour divertir ton pauvre pitou malheureux qui commence à avoir tendance à l’embonpoint à force de ne plus rien faire.
En ce qui concerne les parcs nationaux, donc les seuls endroits où tu peux profiter de ces fameux paysages canadiens qu’on t’a vendus avant de venir, il faut savoir que beaucoup, au Québec, sont gérés par la SÉPAQ, une sorte de mafia qui gère les « établissements de plein air ». Tu dois payer pour avoir accès à ces parcs publics. Mais il me semble tout de même que les personnes qui y travaillent sont des fonctionnaires travaillant pour une institution publique, donc payés par les impôts des résidents québecois, donc on ne devrait pas devoir payer une taxe supplémentaire pour quelque chose qu’on a déjà payé, non ? À peu près tout ce qui est géré par la SÉPAQ est interdit d’accès aux chiens. Donc un conseil, renseignez-vous bien avant d’y aller avec votre pitou, ou faites comme moi, boycottez ces parcs.
Une toute petite lueur d’espoir pointe à l’horizon : les parcs nationaux gérés par « Parcs Canada », ils sont tout autant magnifiques, si ce n’est plus, et les chiens y sont autorisés (et cette année, les accès sont gratuits) mais malheureusement, comme son nom l’indique (même si ce n’est pas le cas, considérez plutôt le Québec comme un pays plutôt que comme une province, c’est d’ailleurs ce qu’il veut devenir et il ne porte pas le Canada très fort dans son petit cœur. D’ailleurs, le jour de la fête du Canada, j’ai eu comme l’impression que tout le monde s’en foutait royalement), ils sont peu présents au Québec (un en Gaspésie et un en Mauricie).
Donc vous l’aurez compris, les chiens ne sont clairement pas les bienvenus au Québec. Si vous souhaitez venir habiter au Canada, c’est malheureux, mais fuyez cette province.

LE BLUES DE L’ÉCOLO
Avant d’arriver ici, cela faisait plus de 10 ans que nous étions végétariens, y compris 3 années de véganisme durant ma période de triathlète (à ce propos, je vous conseille fortement de visionner le film « The Game Changer »).
On triait nos déchets (c’est ultra réglementé et obligatoire en Suisse alors qu’on est soi-disant le pire pays d’Europe en matière d’écologie… Permettez-moi d’en douter… C’est certainement juste une excuse pour Bruxelles pour nous taxer encore plus de tunes), on essayait de consommer le moins possible (on tentait d’appliquer les principes de la simplicité volontaire, pas parfaitement, mais on essayait…), je roulais avec une PETITE voiture électrique (même si on sait qu’au final, c’est presque pire que le thermique au niveau de l’impact écologique…), je bossais pour une ONG particulièrement active au niveau de la protection des océans,… Bref, j’avais une forte conscience de l’urgence climatique, de la surconsommation occidentale, de la maltraitance animale au niveau de l’industrie alimentaire, des dégâts de cette même industrie sur l’environnement et de l’empoisonnement mondial par les lobbies pharmaceutiques.
Notre fille était dans une école privée TRÈS écolo avec tout un tas de gens aux idées bizarres qui préfèrent se soigner avec des plantes et des huiles essentielles plutôt qu’avec les produits de ces grands multimilliardaires qui ne nous veulent que du bien… Et oui, encore une fois, vous l’aurez compris, je suis une complotiste (si se poser des questions sur des contradictions flagrantes du gouvernement et essayer de comprendre par le biais d’autres médias, comme des livres, des enquêtes, des documentaires, non financés et dirigés par ce même gouvernement, est considéré comme du complotisme et non pas du bons sens, alors oui, j’assume complètement).
Pour faire court, nous sommes, pour les autruches, ce qu’on pourrait appeler un caillou dans la chaussure, un cheveu sur la soupe, ou tout simplement, un maudit bobo complotiste décérébré qui mange des graines, prône la culture WOKE (Arrrrrk!), vit dans un van au bord d’une falaise en faisant le digital nomad et gauchiste de surcroît… Déjà en Suisse, on faisait pas mal chiasser notre entourage proche et il y en a carrément qui ont coupé les ponts avec nous car on nous soupçonnait de faire du prosélytisme (venant de cette personne, j’étais choquée qu’elle connaisse ce mot du dictionnaire…). Rassurez-vous, je n’ai pas besoin d’adeptes, je suis mon propre gourou et je suis parfaitement capable de discerner moi-même ce qui est bon ou mauvais pour moi, merci bien…
En venant au Québec, je découvre que l’écologie est quasiment inexistante. Non sérieux, arrêtez avec votre système de triage, ça ne compte absolument pas. Une poubelle verte pour le recyclage, une poubelle noire pour les déchets pas recyclables et une poubelle brune pour le compost. Mais au final, j’apprends-t-y pas que dans ma ville, les poubelles noires et vertes vont exactement à la même place et qu’on s’en fout pas mal du triage.
En Suisse, chaque samedi, c’était le jour de la déchèterie communale, ce lieu de rassemblement où on ramène nos déchets recyclables et où on buvait une petite tasse de thé avec CriCri et Toni (ha qu’est-ce qu’ils me manquent). Il y avait une benne différente pour : le verre (brun, vert et transparent), le polystyrène, les piles, les ampoules, le carton, le papier, le plastique DUR, le PET, l’aluminium, le fer, le bois, la céramique, le compost, les détergents, les peintures, les huiles minérales et les huiles végétales. Un coin était réservé pour les objets à donner. Tout ce qui n’était pas recyclable partait à Lausanne, à la centrale d’incinération, ce qui produisait également de l’électricité pour la ville.
Si j’en crois le Québec, presque TOUT se recycle. Ils sont trop forts ! (comme ça on est tranquille avec notre conscience…). Voici un site qui t’explique tout ce que tu peux recycler, à tel point que je me demande bien à quoi sert cette foutue poubelle noire ?
Au Québec, les locaux m’ont plutôt affirmé qu’on enfouie tout le bordel et punkt schluss ! C’est un truc que je vais devoir éclaircir par moi-même en allant visiter un de ces fameux centres de tri (si j’en ai le courage…) pour voir si ce qu’on nous dit est vrai (maudit complotiste !).
Le long de la fameuse piste cyclable où je me fais engueuler pour les crottes de mon chien que je ramasse, personne ne fait de remarque sur l’insalubrité liée à l’activité des bipèdes : canettes, gobelets de Tim Hortons, morceaux de bouteilles de verres sur lesquels mon chien a réussi à se couper (mais je suis conne, c’est de ma faute, il n’a rien à faire là, le maudit animal…), papiers et plastiques en tout genre,… À tel point que lors de la fameuse « journée de la Terre », ma fille est allée ramassée bénévolement les déchets avec son école le long de cette piste. Mais bon, ça, on s’en fout. On préfère s’en prendre à de gentils maîtres qui prennent le temps de sortir leur chien plus loin que la plate bande devant leur immeuble… Et là, je vous parle d’une piste cyclable, loin des routes, entre les arbres. Imaginez dans quel état se trouvent les bords de routes ! Un jour, au travail, je devais entretenir une plate-bande d’une entreprise qui se trouve aux abords de la route 116, séparée par une bordure d’herbe et une haie. Je ne ne vous raconte pas le bordel que j’ai trouvé… Les gens sont vraiment des puerko, comme dirait mon collègue guatémaltèque.
En Suisse, le littering conduit inévitablement à une amende si tu es pris sur le fait. Un simple mégot te coûtera 100 balles et ça peut monter jusqu’à 20’000. On préfère amender plutôt que d’interdire, ce qui est beaucoup plus logique et rentable. Bon, cela n’empêche pas que nos bords de lacs en fin de weekends sont de véritables dépotoirs, tout comme nos abords de routes. Les humains sont d’un naturel stupide, et peu importe leur nationalité, ils sont tous égaux dans la connerie.
J’avais une fâcheuse tendance à vomir sur les VUS. En Suisse, hormis en montagne, ces véhicules ne sont absolument pas nécessaires. Et de sportif, ils n’en porte que le nom…
En arrivant au Québec, je voulais une traction intégrale car les hivers québecois m’angoissaient un peu. Je roule donc avec une Subaru Crosstrek de 2015 et je suis repassée au thermique. Il y a du bruit de partout, c’est rouillé, pas du tout réactif, mais ce n’est pas trop gros, ça tient parfaitement dans la neige et ça ne me consomme QUE du 8 litres aux 100. Je trouve qu’elle est tout de même assez grosse (mon ancienne voiture était une petite BMW i3) mais au milieu du parc automobile québecois, j’ai l’impression de rouler en Smart. Ici, tu croises des pick-ups gigantesques absolument partout.
Que ce soit le citadin qui vit dans un 3,5 pièces et qui travaille dans un bureau, un maçon, un trappeur ou un bûcheron, être propriétaire d’un pick-up au Québec, c’est comme la Rolex, si tu n’en as pas, tu as raté ta vie. Quand un de ces machins s’arrête à côté de ma voiture de polly pocket, je te jure que depuis ma fenêtre, je ne vois que sa roue… Je te laisse imaginer les dégâts que ces merdes puantes peuvent faire en cas de collisions avec des voitures bien plus petites… C’est maintenant eux, que j’ai en horreur.
Un Audi Q7, c’est carrément une voiture d’écolo ici. Tu peux te procurer un de ces engins à partir de 60’000 dollars. Pas cher, pas cher ! Tu en croises beaucoup, rutilants, qui semblent sortir du garage (il n’est pas rare de voir des gamins pas secs derrière les oreilles conduire ces engins) et tu te demandes quand même comment c’est possible, au vue de la conjoncture actuelle, de se payer des paquebots pareils et surtout, est-ce que ça vaut vraiment la peine de se surendetter pour ça ? Pis bon, consommer du 14 litres aux 100, qui est-ce que ça va inquiéter ?
Enfin, chacun gère ses finances comme bon lui semble… Moi ce qui m’énerve le plus, c’est lorsqu’ils laissent tourner leur moteur ultra énergivore simplement pour faire tourner la clim en été ou le chauffage en hiver avant de monter à bord. Ça me rend dingue une telle inconscience. Je trouve que le Québec ne taxe vraiment pas assez le gaz (c’est d’ailleurs la seule province qui le fait au Canada). Il fait chaud, les routes sont brûlantes, c’est la sécheresse, mais on laisse bien tourner son moteur pendant 30 minutes pendant qu’on va parloter chez ses parents (si si, je l’ai vu…).
Autre anecdote écologique et on ne peut plus d’actualité : c’était récemment au camping en Gaspésie. On est justement dans la période des feux au Canada. Tout est sec, ultra fragile, et il suffit d’une étincelle, d’un mégot de clope, d’un éclair, pour foutre le feu à toute une forêt (dans le meilleur des cas…). Un soir, un épais décide d’allumer son feu de camp (est-ce utile de préciser que le camping se trouve au milieu d’un bois ?).
Pas avec un allume-feu, un briquet ou une allumette, non non ! Avec un LANCE-FLAMMES !!!! Mais à quelle niveau de connerie faut-il être rendu pour en arriver là ? Est-ce que c’est lié de sa part à une surconsommation d’aspartame, de glutamate ou de pot ? Comme je n’ai pas ma langue dans ma poche, j’ai fait en sorte de me faire audiblement bien entendre par ce crétin qui ne semble pas avoir apprécié ma réaction.
En supermarché, il est très difficile de trouver des aliments qui ne sont pas emballés, encore moins dans des emballages qui ne sont pas gigantesques. Les yogourts en gros pots, la margarine en gros pots,… il y a des pots partout. Le seul avantage, c’est que tu peux les utiliser pour tes aliments en vrac au Bulk Barn. Les déchets prennent une place considérable au fond de la poubelle et on doit la vider très souvent.
Ma dépression post-déménagement a fait que j’ai succombé à l’odeur du barbecue, omniprésente, après plus de 10 ans d’abstinence. Plusieurs fois, j’ai mangé de la viande, très souvent lors de coups de déprime. Finalement, est-ce vraiment une bonne idée de consommer des aliments remplis d’antibiotiques ? Qu’est-ce qui a bugué dans nos têtes pour qu’on en oublie nos convictions les plus précieuses pour l’environnement et notre santé ? Il y a un concours de grillades de ribbs dans notre ville. On y est allé car il faut reconnaître qu’on y mange la meilleure viande qu’on n’a jamais mangée. Mais promis, pour 2026, je vais tenter de m’exorciser et revenir la belle personne que j’étais (ou pas…).

UN PATRIMOINE NATUREL INCROYABLE, MAIS À QUEL PRIX ?
L’autre chose que je regrette énormément, c’est mon accès quotidien et gratuit à deux des plus beaux lacs de Suisse (voir d’Europe), à savoir le lac de Neuchâtel et le lac Léman. Il me suffisait de 15 à 20 minutes de voiture pour pouvoir me rendre soit à l’un, soit à l’autre, marcher le long du bord avec mon chien, manger une glace sur la rive et nous baigner sans jamais nous faire emmerder par qui que ce soit. C’est public, c’est gratuit, c’est magnifique et c’est ACCESSIBLE malgré le fait que notre pays soit minuscule !
Je suis un signe d’eau et j’ai un énorme besoin de me promener au bord d’un point d’eau (lac, rivière, étang, mer, peu importe). J’aime l’eau, j’aime nager en eau libre. J’aimais le triathlon, parcourir une nature sauvage et intacte, apprivoisée juste ce qu’il faut pour qu’on puisse en profiter, gratuitement (car l’entretien de l’environnement est financé en Suisse par nos impôts). C’était aussi une des principales raisons pour lesquelles on avait choisi le Canada comme terre d’expatriation.
Au final, il faut bien se rendre à l’évidence que, hormis dans les parcs nationaux (payants et interdits aux chiens), la gestion du patrimoine naturel du Québec a, encore une fois, été gérée avec les pieds. Rares sont les points d’eau accessibles à tout un chacun. Presque chaque abord de lac ou de rivière est privatisé. C’est simple : si tu vois un chemin qui déboule dans une forêt en direction du lac, sois certain que tu débouleras sur une propriété privée avec une maison au bout et un terrain gigantesque qui le longe. Moi je préfère ne pas tenter le coup et éviter de me prendre une balle dans le fessard.
Encore très récemment, en pleine canicule, des adolescents de ma ville ont reçu une belle engueulade parce qu’ils étaient allés se baigner sur une petite plage au bord de la rivière à côté de la fameuse piste cyclable. Figurez-vous que la rivière appartient à un privé… Vous pouvez donc bien crever de soif et de chaud !
J’ai fait de petites recherches pour voir à quels endroits je pouvais me baigner gratuitement dans un lac ou une rivière PRÈS de chez moi, sans avoir à faire une heure de voiture. J’ai donc regardé sur Victoriaville. Pour ce qui est des plages « publiques », on me dirige systématiquement vers des campings (évidemment, les seuls terrains qui ne sont pas occupés par des villas…). Donc pour tremper tes fesses dans l’eau, il faut compter, pour une petite famille de 3 personnes, entre 25 et 55 $. Sérieusement, ça fait cher la baignade, c’est carrément un hold-up ! Pas étonnant que tout ceux qui ont la chance d’avoir une maison s’achètent également des piscines… Écologiquement encore un gros désastre mais bon, il faut bien compenser la mauvaise gestion du patrimoine par l’État si c’est le seul moyen pour les habitants de cette province de pouvoir se baigner presque gratuitement… Comment leur en vouloir ? Par contre, ceux qui vivent en appartements, ils n’ont qu’à aller se brosser…
Autant je m’ennuyais dans mon petit village de Sugnens : 400 habitants au milieu des champs, autant je me rends compte que nous avons perdu quelque chose de très précieux : sortir de chez soi, marcher 5 minutes et se retrouver sur un sentier de forêt, près d’une petite rivière, au milieu des champs, lâcher son chien, respirer, ne pas avoir peur de croiser un délateur fou furieux, rêver devant cette petite maison en A, perdue au milieu d’une clairière en s’imaginant y vivre avec ma petite famille. Prendre ma voiture, rouler 15 minutes et piquer une tête dans une eau propre et limpide, jouer du handpan au bord de l’eau à Morges durant ma pause de midi.
On ne se rend compte des belles choses simples qu’on possède que lorsqu’on les a perdues. C’était simple, mais c’était mon énergie, ma magie à moi. En une année au Québec, je n’ai jamais retrouvé ces sensations. Je ne ressens plus cette liberté alors que je pensais moi-même être emprisonnée dans une prison dorée. Je voulais PLUS de liberté, plus de nature à l’état sauvage tout en étant accessible pour les aventureux, les amoureux de la nature. Je voulais moins de gens, plus d’espace, plus d’oxygène, moins de travail, plus de vie. Je préfère vivre pauvre en Suisse et pouvoir profiter de cette nature qui me rend heureuse jusqu’à ma mort plutôt qu’au contraire, travailler jusqu’à ma mort en étant à côté d’elle mais ne pas pouvoir en profiter.
Enfin bref, je crois que je vais m’arrêter ici avec le négatif. Je ne vais pas écrire sur le non-respect de la loi sur la circulation routière, même s’il y aurait pas mal à dire là-dessus… mais j’ai beaucoup trop l’impression de m’enfoncer dans un gouffre sans fond de négativité. L’objectif de cet article, à la base, était de me faire comprendre ce mal-être que je traîne, et la façon dont je pourrais m’en sortir.

LE POSITIF
Au point où j’en suis rendue, ça peut paraître fou, mais oui, il y a quand même du positif dans toute cette « expérience québecoise ». Si beaucoup d’expatriés quittent le navire (avant qu’il ne coule ?), je me force à croire que l’Univers ne nous a pas rendu la tâche aussi facile pour venir dans ce pays, si c’est pour le quitter au bout de 3 ans avec seulement de l’amertume et du regret au fond de notre baluchon.

Récemment, nous sommes partis 2 semaines faire le tour de la Gaspésie, une des plus belles régions du Québec. Percé est peut-être le seul endroit au Québec, pour le moment, où je me serais bien vue vivre. Peut-être et surtout parce que cela me rappelait la Bretagne, nos amis bretons, Isabelle et Benoît et les bons moments que l’on a passés avec eux. Mais la beauté et les souvenirs ne font pas tout, malheureusement.
Cette région me fait penser à ces villages de montagnes en Suisse qui se remplissent durant l’hiver avec l’arrivée des touristes, et qui se vident complètement une fois la saison terminée. On y a vu beaucoup de maisons abandonnées, dans un triste état ou à vendre, ce qui laisse à penser que la région ne doit pas offrir beaucoup de débouchées professionnelles autres que le tourisme. La dernière fois où j’ai visuellement et physiquement constaté que finalement, on pouvait toujours trouver pire ailleurs que chez nous, c’est lors de notre voyage au Sri Lanka. Et finalement, je me rends compte que j’ai grandi comme une occidentale pourrie gâtée qui n’a jamais vraiment connu la misère, la guerre, la famine, la sécheresse, le désespoir de se sentir abandonnée par des peuples qui nagent dans l’opulence pendant que tu cherches désespérément à vivre jusqu’à demain.
Pendant les vacances, j’ai aussi eu l’occasion de lire « Trois vies contre trois paquets de cigarettes », de Marie-Fidèle Mukandekezi. C’est l’histoire d’une femme rwandaise qui a vécu un génocide dans un pays auparavant très tranquille et où on n’aurait jamais pensé qu’il y aurait de telles atrocités. Son mari se fait massacrer et elle décide de s’enfuir avec ses deux enfants. C’est dans ce genre d’autobiographies que je constate à quel point nous sommes si ignorants, à la limite de l’égoïsme. Personnellement, quand je lis de telles histoires, je me sens pathétique avec mes petits problèmes insignifiants d’occidentale et je me remets pas mal en question. Et si je décidais enfin de prendre la vie comme elle venait ? Qui peut prévoir ce qui nous arrivera demain ?
Alors que nous avons les yeux rivés sur la bourse et nos économies, qui sont donc les tradeurs qui s’occupent de prévoir ce que la planète, et surtout l’humanité, nous réservent pour demain ?
On passe notre temps à essayer de visualiser un futur qui n’arrivera certainement jamais comme on se l’imagine. Nous sommes complètement fous et pour nous rendre encore plus fous, il nous de nous figer « derrière nos écrans de fumée » (regardez ce film, il est incroyable !).
Pourtant, j’aime cette maudite province complètement à côté de sa plaque. J’aime ces lien fragiles que j’ai tissés avec ces personnes authentiques, souriantes et remplies de bienveillance que je côtoie régulièrement et qui me permettent de ne pas oublier que partout, même dans la noirceur, il y a toujours un peu d’espoir. Ces personnes souffrent probablement des même problèmes que moi, souvent même bien pire, mais elles continuent d’avancer, et avec le sourire. Elles vivent cette vie, que je trouve bien compliquée, depuis qu’elles sont nées, sans se plaindre inutilement, avec résilience. Il m’arrive de me moquer de ses influenceuses botoxées et superficielles dont la seule préoccupation est la quantité de botox qu’elles vont s’injecter pendant que d’autres personnes ont besoin de deux jobs pour nourrir leur famille. Finalement, est-ce que je vaux mieux que ces personnes-là ? C’est vrai quoi, on pourrait très bien me dire « Si t’es pas contente, retourne chez toi ! Crisse ! (exactement ce que j’aurais pu dire quand on critiquait MON pays, alors que je passais moi-même mon temps à le critiquer…). Le système est comme il est, où qu’on aille. On ne sera jamais vraiment satisfait de la vie qu’on a.
Ce voyage au Québec est pour moi un travail de développement personnel. Travailler sa résilience, travailler son humilité. Peut-être que c’est vrai que nous sommes de gros prétentieux qui ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont… Travailler sa façon de consommer, de gérer son argent, de vivre au jour le jour, pas après pas, travailler sa patience, son indulgence.
Moi qui pensait avoir déjà fait un bon bout de chemin en matière de spiritualité, je me rends compte que j’ai encore tant de travail à faire sur moi-même. Pour un autiste, ce n’est pas simple non plus de complètement changer de cadre, de pays, de travail, d’amis, d’habitudes. J’ai parfois l’impression d’être enfermée dans un tambour de machine à laver et que je me débats contre l’inéluctable. Je respire et je me dis : « J’ai un toit, j’ai un travail, je mange au moins trois fois par jour, je bois à ma soif, je suis en sécurité et la nuit, je peux dormir sur mes deux oreilles, ma famille et moi sommes en bonne santé. Est-ce que tout le monde a la chance de pouvoir en dire autant ? Rien que cette question a le pouvoir immédiat de me remettre dans le bon sens.

Peut-être justement que spirituellement, nous sommes arrivées à une nouvelle étape de notre vie, une nouvelle épreuve, une claque dans ma face. D’ailleurs, depuis que j’ai quitté la Suisse, et même bien avant, j’avais mis de côté ma spiritualité. Plus de méditations, plus de soins énergétiques, plus d’ancrage. Mes oracles, mes pendules et mes livres prennent la poussière et je sens que cela a un impact sur mon bien-être et cette hygiène de vie que j’avais mis en place avant ce grand changement et qui m’avait sauvé la vie plusieurs fois. Drôle de façon de remercier le divin pour toutes ces belles choses qu’il a mises sur notre chemin. D’ailleurs, combien de prières avons-nous envoyées aux forces célestes pour pouvoir partir un jour au Québec et, à peine une année plus tard, on y réside ? J’avais une vision d’un pays qui n’était pas celle que je m’imaginais. Une vision de touriste. J’y ai découvert une réalité avec laquelle je n’ai pas d’autre choix, comme tout le monde, que de faire avec. Tout comme je passe mon temps à imaginer mon avenir.
Et tout comme si j’étais débarquée en Somalie, je n’aurais pas pu dire : « Ho non alors, ce pays ne me convient pas, il y a des moustiques et j’ai la dalle… Je rentre à ma maison ! » Est-ce que tu suis ma façon de raisonner ? Les gens de partout dans le monde font avec la condition qu’ils ont car ils n’ont pas le choix. Pouvoir changer de pays, c’est déjà un luxe. Étonnamment, ce sont dans les pays les plus pauvres qu’on rencontre le plus de générosité. Ces personnes n’ont rien mais elles te donneraient le peu qu’elles ont !
Quel est donc le problème des occidentaux ? La peur de perdre ? Peut-être qui si nous arrivions à vivre plus simplement, avec beaucoup moins et qu’on apprenait à cultiver la terre pour se nourrir, à en prendre soin, à fabriquer des choses avec nos 10 doigts, qu’on arrêtait de se taper dessus et qu’on apprenait à partager notre planète, cette peur s’amenuiserait.
Pour en revenir au Québec, on n’arrive jamais quelque part pour rien. Je ne crois plus au hasard depuis longtemps et si je suis là, c’est peut-être justement parce que je dois être là.

Retrouver ma spiritualité
J’ai toujours rêvé de faire un travail en lien avec la nature. J’ai toujours eu la sensation de me reconnecter à la Terre, à moi-même, quand mes doigts sont au contact des fleurs, des arbres, de la sève du sapin, du humus. Il arrivait parfois que mes plantes d’intérieur suaient et laissaient perler de petites gouttelettes le long de leurs feuilles. Du bout du doigt, je prenais la goutte et je la mettais sur mes paupières. J’adorais cette sensation de fraîcheur. Pourtant, je ne le fais plus. J’ai oublié ces petits gestes simples, enfantins, anodins mais pourtant si importants. Je n’arrêtais pas de me plaindre que je n’en pouvais plus de cette vie collée à un écran d’ordinateur et je réalise aujourd’hui que sans aucune expérience, j’entretiens quotidiennement de belles plates-bandes. Je joue avec les vers de terre, les grenouilles, les scarabées, les chenilles et j’en passe. Je coupe des rosiers, j’enlève les mauvaises herbes, je taille des arbustes, sans la moindre montée de stress, et je suis payée pour ça ! Si ce n’est pas l’Univers qui m’a mise là, c’est quoi ? Je l’ai voulu fortement, il me l’a donné (et j’arrive encore à me plaindre…).
A la bibliothèque de ma ville, qui est devenue un peu ma seconde maison, j’ai rencontré Caroline, une belle personne, autrice et travailleuse de lumière. Un jour, j’en suis venue à discuter avec elle au sujet de l’hypnose, qu’elle pratique. Je voulais savoir s’il était possible de m’envoyer faire un tour dans une de mes vies antérieures pour essayer de comprendre mes blocages actuels. Car pour moi, clairement, il y a quelque chose qui bloque. Rapidement, elle m’a demandé pourquoi j’étais en colère (alors que je ne laisse rien transparaître). Moi je lui réponds que je ne suis absolument pas en colère… Si si ! Et là, je commence à avoir les larmes aux yeux. Mais laisse-moi tranquille enfin ! J’ai l’impression qu’elle lit en moi comme dans un livre ouvert et cela me met mal à l’aise. Je lui ai demandé si elle voyait du mal en moi. Elle m’a répondu que bien au contraire et que j’étais sur cette planète non pas pour soigner l’humanité (comme je le pensais avec mes facultés de magnétisme et mes soins énergétiques, même si évidemment je peux continuer à le faire) mais pour guérir la Terre. Tiens, ça colle pas mal avec la direction que prend actuellement ma vie. Récemment encore, je lui ai demandé quelle est la plus grosse merde que j’ai fait de toutes mes vies antérieures. Elle m’a dit que je m’étais déconnectée de la lumière (dans cette vie présente, justement…).
Un jour, une énergéticienne a mis le doigt sur un point intéressant : ma vie a été une longue suite d’abandons en tout genre. Si j’étais rejetée de partout, c’est parce que je « dérangeais ». Mais surtout, une phrase que j’ai retenue « Toi, tu es sur cette planète pour foutre le bordel (dans le sens de faire évoluer les choses) et forcément que ça ne plaira pas à tout le monde quand tu vas commencer à brasser le fond de l’eau stagnante autour de toi… Cela explique pourquoi mes changements d’habitudes de vie ont fait peur à mes proches (en évoluant, je devenais une nouvelle personne qu’ils ne reconnaissaient plus et qui ne collait plus avec eux : ne plus vouloir consommer de viande, ce besoin de vouloir sauver les océans en m’engageant avec Sea Shepherd et ces innombrables disputes à propos de la protection des loups avec mon ancien agriculteur de père).
Enfin ce qui est certain, c’est que je vais me reconnecter consciemment avec mes guides, ressortir mes petites cartes, mon pendule, mes pierres, mes encens,… et que je vais replonger dans cet univers qui m’a fait tellement de bien jusqu’à présent, où je me sens vraiment à ma place. Recommencer à prier, à croire, à ressentir. Retrouver du plaisir à vivre et aider les âmes, mortes ou vivantes, à retrouver cette lumière qu’elles ont perdu de vue, que J’AI perdu de vue.
En changeant de pays, je me suis oubliée, comme submergée par un flot de nouvelles informations inconnues, parfois illogiques à mon bon sens. Aujourd’hui, en écrivant cet article, je comprends que je tentais vainement de nager à contresens dans une rivière torrentielle. Maintenant j’ai enfin compris que je ne vis plus en Suisse et que ce n’est pas ma petite personne qui va changer les habitudes et les mentalités américaines. Même dans mon pays d’origine, je n’ai réussi à convaincre qu’une seule personne de modifier ses habitudes pour sauver la planète, et ce n’était pas en prêchant la bonne parole, mais simplement par mes propres gestes et mes nouvelles habitudes, par mon exemple. J’ai bien conscience qu’ici, tenter de convaincre ne sera que pure perte d’énergie, tant la culture est encore bien loin de la protection de l’environnement. Par contre, moi, je peux me reprendre en main et être tranquille avec ma conscience en faisant pour moi et ma famille ce qu’il me semble être juste. Je suis déjà heureuse de savoir que notre fille de 10 ans est fière de nous et de nos efforts pour tenter de sauver la planète qu’on lui lèguera. Elle était déjà tellement fière de dire à ses copains d’école que sa maman travaillait pour Sea Shepherd. Alors il est temps que l’on remonte un peu dans son estime. Voir ses parents se laisser sombrer, ce n’est vraiment pas agréable pour un enfant.
Même au Québec, il y a tout ce qu’il faut pour continuer à cuisiner végétarien même si l’odeur enivrante du barbecue est absolument partout. Ce pays teste mes convictions et me met à l’épreuve. En ce qui concerne la réduction des déchets, cela me demandera une gymnastique un peu plus poussée mais je ne pense pas que ce soit impossible.
J’avais aussi repris la mauvaise habitude de relire les informations. Cela n’a pas aidé à me faire sortir de mon puits de noirceur. Ce type de média, toujours orienté vers des sujets négatifs et anxiogènes pour nous maintenir dans la peur et mieux nous asservir (encore du complotisme ?) devrait être fuit à tout prix si on veut garder une bonne santé mentale. J’ai beaucoup souffert de l’inaction du monde et en particulier de mon propre pays vis-à-vis du génocide palestinien.
Cela m’a mise en colère contre l’humanité et m’a de nouveau ponctionné beaucoup d’énergie. J’en parlais autour de moi (Facebook…) mais je voyais bien que ça ne touchait personne hormis mon conjoint (ce n’est pas pour rien qu’on est ensemble). Puis j’ai compris qu’en brassant de l’air, je n’allais rien changer, ce qui m’a rendue encore plus triste et m’a fait voir l’humanité comme un monstre d’égoïsme et d’antipathie. Donc, plus d’actualité pour moi. Je préfère me nourrir de livres, de documentaires, de séries et de films qui m’apportent vraiment quelque chose qui m’aide à grandir dans la vie. Si on arrêtait de se nourrir de mauvaises énergies, sans doute que l’humanité s’en porterait beaucoup mieux. Mais il semblerait que le taux vibratoire actuel de la Terre n’a jamais été aussi élevé, comme s’il se préparait un gros changement énergétique, un grand nettoyage de la planète. Attendons, mais continuons de travailler sur nous et notre bienveillance vis-à-vis du vivant quel qu’il soit.

Vivre simplement
Ici, on gagne peu d’argent mais suffisamment pour vivre convenablement. Et si cette restriction était justement là pour nous apprendre à consommer différemment ? C’était déjà pas mal avant, mais on peut toujours faire mieux.
Par exemple, quand j’étais petite, je dévorais les livres. J’avais vraiment cette passion pour la lecture. Mais j’ai arrêté quand je suis tombée dans le fabuleux monde du travail.
Dans ma nouvelle ville, on a la chance d’avoir une magnifique bibliothèque avec du personnel incroyable ! De belles personnes remplies de bonne énergie qui me redonne le goût d’avancer lorsque j’ai un coup de blues. C’est mon shoot de dopamine, chaque deux jours. Le Québec m’a redonné le goût de lire. C’est une façon totalement gratuite d’occuper mon temps libre et de nourrir mon cerveau par la même occasion. En plus de ça, mon conjoint m’a offert pour Noël une Kobo pour que je puisse lire partout ! Je fais un suivi des mes lectures avec ma page Instagram, je vais chaque mois aux réunions du club de lecture et cela me donne encore plus le goût de lire.
Les Québecois ont un truc qu’on ne peut pas leur enlever, c’est la culture du pique-nique. Ils semblent adorer se retrouver dans un parc pour manger ensemble. La couverture, la glacière, les sandwichs et tout plein de bonnes choses à partager dans un moment presque gratuit et convivial. Je trouve ça vraiment sympa et simple. Pas besoin d’aller au resto pour passer du bon temps avec les gens qu’on aime.
J’adore aussi cette habitude que beaucoup ont, et m’ont donné (même si je n’ai pas trop le choix…), d’aller travailler avec son sac à lunch. Prendre le temps, le matin ou le soir, de se préparer un bon repas maison qu’on aura plaisir à manger au travail, plutôt que de se ruiner dans du fast food pas très sain. Je me suis offert une glacière pour le travail où je peux mettre des barres de céréales, des fruits secs, des sandwichs, des jus de fruits avec un bon gros bol de glaçons au fond, et c’est toujours frais (et bon).
Quand je fais mes courses, j’ai développé une sorte de jeu : acheter de bons produits avec le moins d’argent possible pour préparer de bons petits plats maison. Et c’est possible. On ne mange évidemment pas toujours bio (il a fallu faire acte de résilience sur ce point-là) mais on mange bien. Je cuisine en grosse quantité, je mets sous vide et parfois je me retrouve une à deux semaines entières à ne plus devoir cuisiner. Il y a aussi les périodes de cueillettes (j’aime particulièrement celles des fraises et des bleuets), ce n’est pas cher et en plus, il y a le plaisir d’en manger en cachette et de se faire de bonnes tartes à notre retour.
Et quand je m’imagine devoir rentrer en Suisse, je pense au Bulk Barn et je me dis que désormais, je ne pourrais plus me passer de ce super magasin. En tant que végétariens, on y trouve tout nos ingrédients favoris. Sans oublier les gros packs de tofu qu’on trouve pour vraiment pas cher dans les Maxi, toutes ces sauces ultra épicées que j’adore. Et que dire de la poutine ! Chez Max Poutine, on y trouve les meilleures du Québec. Impossible de retourner manger les horribles poutines hors de prix du marché de Noël de Montreux…
L’avantage de vivre au Québec, c’est que comme les pizzas sont vraiment pas terribles ou ressemblent plus à des tartes (désolée mais pour avoir mangé les meilleures du monde à Poliez-Pittet, d’avoir vécu pas très loin de la frontière italienne et que l’italien est justement l’une de nos 4 langues nationales, je peux me permettre… ), tu es obligé de les faire toi-même. Ainsi, j’ai enfin découvert la recette de la pâte napolitaine parfaite et on mange chaque vendredi, comme on le faisait avant, des supers pizzas maison, délicieuses et pas chères.
Les québecois ne sont pas des victimes de la mode et rien que pour ça, je les adore. Tu peux aller jusqu’à sortir en pyjama, tout le monde s’en calisse ! Enfin des gens qui ont compris que l’important, ce n’est pas le look mais le confort. Sur ce point, je me sens totalement à ma place. Il m’est arrivé de faire l’épicerie en training, doudoune, baskets, dans la neige, complètement dépareillée, sans la moindre gêne. Si j’avais fait ça en Suisse, j’aurais été scannée de la tête aux pieds et considérée comme une sale marginale. Et ici, on trouve enfin des pilou-pilou pour les adultes sans avoir à les commander sur un site chinois peu recommandable. Ils ont aussi compris que les grands aiment se sentir confortable à la maison (et parfois même dehors).

Le temps des fêtes
Actuellement, nous sommes le 16 août et les magasins sont déjà entrain de préparer les décorations pour Halloween. En Europe, c’était déjà de loin ma fête préférée. Cela me mets dans l’ambiance de « l’étrange Noël de Monsieur Jack » que je regarde encore et encore, plusieurs fois dans l’année, histoire de nourrir cet enfant intérieur que je n’ai jamais abandonné.

Ici, Halloween est une fête très importante, j’ai même l’impression qu’elle l’est plus que Noël. Je dirais qu’à partir de mi-septembre, les gens commencent à décorer leurs maisons. J’adore cette ambiance ! Souvent, ils se déguisent pour aller au travail. Pour la première fois de ma vie, j’ai pu faire la tournée des jujubes avec ma fille avec nos beaux déguisements. C’était un premier Halloween canadien magnifique, il faisait beau avec un magnifique couché de soleil et ce 31 octobre 2024 à 20h, il faisait encore 25 degrés ! On a rempli 3 sacs de jujubes que ma fille a donnés en grande partie à son école.
Immédiatement après Halloween, on change les décos pour les remplacer par celles de Noël et elles resteront en place jusqu’en février ! Je pense que c’est une façon pour enjoliver un peu les longs hivers québecois et mettre un peu de baume au cœur. Personnellement, j’en suis très contente car je faisais la même chose en Suisse. On a tellement besoin de douceur, de lumière et de magie dans ce monde dark. C’est pourquoi je suis si heureuse de voir les magasins se remplir actuellement de squelettes car après un été incroyablement beau et chaud, on sait qu’on s’en va vers la magie des fêtes américaines (Halloween, Thanksgiving et Noël) et que ça va bientôt sentir le pain d’épices et la neige.

Les activités sportives
Je ne sais pas si c’est propre à la région où on vit, mais la ville de Victoriaville propose régulièrement des activités sportives gratuites pour tous. En été, toutes les piscines extérieures sont gratuites (malheureusement, il n’y a pas de bassins 50 m), il y a des jeux d’eau un peu partout en cas de canicules et les pistes cyclables sont top avec des fontaines le long du parcours. Plus incroyable encore, les terrains de tennis extérieurs sont accessibles gratuitement, sans réservation ! Il suffit juste d’avoir son propre matériel. Et si tu veux louer un terrain en intérieur, cela est vraiment à la portée de tous ! En Suisse, cette activité est souvent réservée à des personnes financièrement aisées. C’est d’ailleurs pour cela que je n’en ai jamais fait… Du coup, j’ai trop envie de m’y mettre. Lors de nos vacances en Gaspésie, on a même trouvé un terrain avec un coffre qui prêtait gratuitement les raquettes et les balles aux gens de passage…
Je parlais précédemment de la difficulté à trouver des points d’eau accessibles pour la baignade et surtout, gratuits (ces accès ne devraient jamais être payants !). Nous avons trouvé une solution du côté du magnifique lac de Magog, où il y a une ligne de nage en eau libre près de la plage. Il nous faut rouler malheureusement une bonne heure pour y aller mais au moins, on y trouve notre bonheur. On peut également se rendre aux plages publiques de Drummondville et de Sherbrooke. Dieu que j’aime l’Estrie !!! Une région qui nous fait énormément de l’œil si, par le plus grand des miracles, on obtenait notre résidence permanente…
On peut aussi faire le tour du réservoir Beaudet, une promenade sympa que j’ai déjà faite en vélo depuis chez nous. La route est goudronnée autour du lac et on peut donc y faire également du roller (mais la baignade y est interdite…).
L’hiver au Québec est la saison la plus cool pour pratiquer du sport. Dans notre ville, le patinage libre est gratuit chaque dimanche. Victoriaville propose également des heures de patinage libre à seulement 5 dollars pour notre petite famille (nous avons déjà nos propres patins). L’année passée, nous avons pris un abonnement de ski pour toute la famille au Mont Gleason, que l’on voit depuis notre chambre à coucher (on se croirait en station !). Ça nous a coûté un bras mais on pouvait aller faire du snowboard quand on le voulait. Si les températures le permettent, il y a la possibilité d’aller faire du patin sur sentier (gratuit à Victo). On peut également faire de la raquette et du ski de fond (également gratuit) au Mont Arthabaska. Bref, on adore cette saison, car pour nous, petits suisses qui adorons les sports d’hiver (on a pas choisi le Canada pour rien….), on ne voit pas du tout cette « longue » saison passer.
Et sinon, en dehors du sport, il y a régulièrement des activités gratuites pour les familles qui sont proposées, il faut simplement resté suffisamment vigilant pour les voir passer.
CONCLUSION
Finalement, même si le négatif dans cet article semble peser plus que le positif, j’en conclu que le Québec est comme il est et sera apprécié différemment en fonction du point de vue et du vécu de chaque personne. Personnellement, je l’ai beaucoup ressenti comme un amalgame d’incohérences. Il a fallu que je torde ma façon de penser et de vivre pour pouvoir m’y adapter du mieux que je le pouvais. J’ai un gros problème : je ne supporte pas l’injustice. Alors quand je vois un québecois mendier dans la rue, ça me fout intérieurement hors de moi. Je suis du style à vider mon porte-monnaie pour donner mon argent à ces personnes et je ne trouve pas normal qu’un pays développé laisse crever de faim ses propres résidents. Parfois je me questionne : « Est-ce que je veux vraiment vivre dans un pays « riche » qui accepte cette misère ? » Et je me rends compte que la Suisse fait presque pareil (mais en moins pire)… En gros, comme je l’ai écrit plus haut, où qu’on aille, serons-nous un jour vraiment satisfait de notre condition ?

Je pense que j’atteindrai cette satisfaction quand je ne dépendrai plus qu’au minimum de ce système capitaliste corrompu jusqu’à la moelle, où des milliardaires cinglés dirigent le monde et foutent en l’air la planète et l’humanité. Je trouverai peut-être un peu de repos si, un jour, nous avons notre petite maison minimaliste et écologique, notre petit jardin, un minimum d’indépendance alimentaire et un maximum de distance avec cette société malade. C’est en brisant mes chaînes et en arrêtant de nourrir la machine que je trouverai réellement un sens à ma vie. Car oui, actuellement c’est ça qui me rend, qui NOUS rend presque TOUS malheureux. C’est de ne pas pouvoir trouver un sens à notre vie et d’avoir cette maudite impression d’être un cobaye coincé dans sa roue qui commence à tourner vraiment beaucoup trop vite. Il faut absolument faire ce pas de côté pour s’en sortir.
Salutations, humains !

